L’emploi américain donne des signes de faiblesse
Le marché du travail américain a connu un sérieux coup froid au mois de mars. L’économie américaine a créé seulement 88.000 emplois soit trois fois moins qu’en février (268.000), selon les chiffres publiés vendredi par le département du travail américain. Les créations d’emplois sont ainsi retombées à leur plus bas niveau depuis 9 mois, signe que l’austérité budgétaire risque de saper la reprise économique. Le taux de chômage est ressorti à 7,6% en mars contre 7,7% un mois plus tôt mais il s’agit d’un recul en trompe-l’œil. Ce repli s’explique avant tout par le fait qu’une partie des chômeurs a renoncé à chercher du travail. Le «taux de participation» des personnes en postes ou à la recherche d’un emploi est tombé à 63,3% de la population active soit son plus bas niveau depuis mai 1979.
«Le rapport pour le mois de mars est des plus inquiétants : ralentissement des créations d’emplois et des rémunérations, nouveau recul du taux d’activité et allongement de la durée du chômage. Seule la progression des heures travaillées est encourageante, illustrant que l’activité garde son dynamisme», estime Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas CIB.
Le net ralentissement sur le marché de l’emploi pourrait inciter la Réserve fédérale à poursuivre au rythme actuel ses rachats d’obligations sur les marchés afin de soutenir l’économie. La semaine dernière, la Fed avait pourtant laissé entendre qu’elle pourrait ralentir son programme de rachats d’actifs dès cet été si l’économie continue à monter en puissance, à en croire les déclarations de John Williams, président de la Fed de San Fransisco. James Knightley, économiste chez ING note de son côté que le repli du taux de chômage rapproche un peu plus les Etats-Unis du seuil de 6,5% de chômage fixé par la Reserve fédérale pour augmenter à nouveau les taux directeurs.
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