L'émission inaugurale de l’EFSF plébiscitée par les marchés
Signe fort de confiance dans la pérennité de la zone euro, la demande pour la dette à 5 ans du Fonds de stabilité a atteint 45 milliards
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Tân Le Quang
Un véritable plébiscite. Le Fonds européen de stabilité financière (EFSF) a inauguré hier avec succès sa dette à 5 ans (juillet 2016), qui vient financer en partie l’aide européenne à l’Irlande. «L’EFSF a levé 5 milliards d’euros. La demande atteint les 45 milliards avec plus de 500 ordres. La distribution de la dette est similaire à celle de l'émission de l’EFSM avec une plus importante granularité qui promet une belle tenue sur le marché secondaire», précise Frédéric Gabizon, responsable dettes souveraines chez HSBC France, qui a organisé l’émission aux côtés de Citi et SG CIB.
La dette s’est placée sur la partie basse de la fourchette de spread indicative de 6-8 pb, qui était la veille annoncée à 8-10 pb. Le coupon a été fixé à 2,75% et le taux absolu à 2,89%. «La demande record est due à la valorisation de l’émission, qui est bon marché même avec une marge à 6 pb, et au fait que l’offre sera limitée à court terme avec 16,5 milliards d’euros au maximum cette année, explique Laurent Fransolet, stratégiste taux chez Barclays Capital. C’est positif dans la mesure où ça promet de bonnes émissions dans le futur».
L’EFSF a alloué 38% de la dette aux investisseurs asiatiques, dont 20% à la Banque du Japon. Britanniques, Allemands, Scandinaves et Français ont reçu dans l’ordre, 15%, 12%, 9% et 7% des titres. Les banques centrales et instances internationales en ont pris 43%, contre 31% pour les gérants et 13% pour les banques. Pour Gaëlle Malléjac, responsable de la gestion de taux chez Groupama AM, «le succès du papier de l’EFSF indique que beaucoup de monde souhaite la pérennité de la zone euro et relègue le problème de liquidité de l’Irlande au second plan».
Au vu de son succès, l’EFSF peut-il endosser le statut de nouvel instrument d’endettement européen ou celui d’Eurobond ? Difficile d’y répondre. Laurent Fransolet, lui, estime que «le passage à un ‘bond’ européen est un développement plus fondamental à moyen terme, qui implique beaucoup plus de convergence fiscale que pour le moment». Gaëlle Malléjac juge prématuré d’imaginer l’EFSF comme une solution à long terme de financement des Etats européens. «La solvabilité des Etats périphériques et l’harmonisation économique et budgétaire ne sont toujours pas résolues. Il reste à savoir quelles seront les conditions demandées pour plus d’harmonisation et ainsi renforcer le Pacte de stabilité», note-t-elle.
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