L'émission espagnole est de bon augure pour le Portugal
L’Espagne profite à plein de l’embellie sur les marchés. Le Trésor a levé hier 7 milliards d’euros dans le cadre d’un nouvel emprunt syndiqué à 10 ans, le premier depuis près d’un an. La plupart des investisseurs n’ont pas pu être servis, l’opération ayant généré plus de 24 milliards d’euros de demande ce qui a marqué un appétit sans précédent, a indiqué le ministre de l’Economie espagnol. Le succès de l’opération éloigne encore un peu plus une demande d’aide européenne de l’Espagne et ouvre des perspectives au Portugal.
Le retour des investisseurs étrangers sur la dette des pays périphériques de la zone euro se confirme, et ouvre la voie au Portugal. En plaçant hier 7 milliards d’euros de son nouvel emprunt à 10 ans à un rendement généreux de 5,4%, ainsi que 2,78 milliards de bons à trois et six mois, Madrid a rassuré sur sa capacité à se refinancer sur les marchés. Environ 60% de la demande pour l’emprunt syndiqué proviendrait d’investisseurs non résidents, selon Reuters. Ces derniers avaient déjà répondu présents dans les mêmes proportions la semaine dernière lors de l’émission italienne à 15 ans qui avait permis à Rome de lever quelque 6 milliards d’euros, soulignaient hier les analystes de Société Générale. La banque française a d’ailleurs été mandatée pour la syndication espagnole aux côtés de Barclays, BBVA, Citi, Goldman Sachs et Santander.
Les pays périphériques font le plein sur les marchés et retrouvent même un accès à la dette de très long terme. L’Espagne a ainsi rouvert la semaine dernière une ligne à 30 ans, une première depuis le mois de mai 2011. Si l’on prend en compte les quelque 7 milliards d’euros d’obligations levés hier, Madrid a déjà réalisé plus de 14% de son programme de financement pour l’année 2013, indépendamment du pré-financement effectué fin 2012.
Mais son parcours s’annonce semé d’embûches, les économistes redoutant un dérapage du déficit budgétaire. Comme anticipé, la Commission a d’ailleurs indiqué hier que l’Espagne a sans doute manqué son objectif de réduction du déficit en 2012 en raison notamment d’une baisse des recettes tirées des dépenses sociales et de la hausse des dépenses sociales liées à la récession. Le gouvernement de Mariano Rajoy visait pour l’an dernier un déficit budgétaire à 6,3% du PIB contre 9,4% pour 2011. Le chiffre définitif approcherait de 7%.
Sur le marché secondaire, dans la foulée de l'émission, le taux des obligations espagnoles à 10 ans a reculé hier d’environ 4 points de base pour se situer près de 5,1% loin du seuil de 7% atteint mi-juillet au plus fort de la crise des dettes souveraines. Dans le même temps, le taux italien à 10 ans a reflué autour de 4,2%.
Mais ce sont les obligations portugaises qui ont enregistré la plus forte détente de près de 20 points de base. Le rendement de l’emprunt portugais à 10 ans est tombé hier à son plus bas niveau depuis octobre 2010, à quelque 5,8%. Le retour du Portugal sur le marché pour la première fois depuis son sauvetage en 2011 se précise. Lisbonne s’apprête à rouvrir sa ligne d’octobre 2017, selon IFR, qui cite une source bancaire. Barclays, Banco Espirito Santo, Deutsche Bank et Morgan Stanley ont été mandatés pour cette émission syndiquée, qui pourrait intervenir dès aujourd’hui.
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