L’élection américaine bouscule les allocations d’actifs
La victoire de Donald Trump a entraîné un repositionnement massif des investisseurs vers les actions, au détriment des obligations et des émergents.
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Bastien Bouchaud
Les investisseurs se sont reportés massivement sur les actions après leur retrait du marché obligataire.
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La réaction des investisseurs à l’élection de Donald Trump a été sans appel. Ils ont retiré 18 milliards de dollars (17 milliards d’euros) du marché obligataire du 9 au 16 novembre, dans un mouvement qualifié de «bain de sang» par les analystes de Bank of America Merrill Lynch (BAML). Le marché obligataire n’avait pas connu de tels retraits depuis trois ans et demi. Avec 6,6 milliards de dollars de retraits, les fonds de dette émergente n’avaient quant à eux jamais enregistré un mouvement d’une telle ampleur, pas même lors de l’épisode du «Taper Tantrum» (anticipation de la hausse de taux) de 2013. Les métaux précieux ont également souffert de la hausse du dollar, avec 2,7 milliards de retraits, une décollecte d’une ampleur inédite depuis juin 2013.
Au sein du marché obligataire, seuls les fonds centrés sur la dette bancaire et les obligations indexées sur l’inflation ont attiré des capitaux, portés par le biais inflationniste du protectionnisme prôné par le nouveau président et sa volonté affichée de revenir sur certaines régulations. «Trump marque le moment où les investisseurs ont commencé à se positionner pour un marché obligataire baissier, écrivent les analystes de BAML. Les rendements peuvent augmenter rapidement, les mouvements de prix sont toujours violents et importants aux points d’inflexion séculaires.»
Les investisseurs se sont donc reportés en masse sur les actions, y investissant 28 milliards de dollars sur la semaine, un montant record depuis deux ans. Dans le détail, les secteurs privilégiés sont ceux qui pourraient bénéficier des priorités politiques de Donald Trump. Le secteur financier et la santé ont enregistré des flux «monstres» de 7,2 milliards et de 3,1 milliards respectivement, portés par des espoirs de dérégulation. Le secteur des matériaux, soutenu par la perspective d’investissements dans les infrastructures et la construction du mur le long de la frontière avec le Mexique, a attiré 1,4 milliards de dollars, un plus haut de 3 ans.
Une tendance de long terme résiste encore à l’effet Trump. Le désamour de la gestion active ne se dément pas, les investissements dans les actions se scindant en 34 milliardsde dollars de collecte pour les ETF (fonds indiciels cotés) et 7 milliards de retraits des fonds ouverts classiques, ce qui marque la 37e semaine consécutive de décollecte pour ces fonds. Depuis 2002, relève BAML, les fonds passifs ont attiré 2.100 milliards de dollars alors que les fonds actifs ont subi 1.800 milliards de sorties.
Fondée par Laurent Dobler, Nicolas Kieffer et Victor Gutzwiller, la jeune boutique parisienne lance sa première Sicav luxembourgeoise et anticipe un retour des allocataires d’actifs vers la gestion de conviction.
La collecte a été portées par différents pays et différentes typologies de clientèle. R-co Valor et R-co Conviction Credit Euro attirent une bonne partie des flux. Cela permet à la société de gestion d'atteindre les 50 milliards d'euros d'encours.
Goldman Sachs renforce ses positions dans la gestion externalisée des retraites, un marché très disputé où s’affrontent notamment BlackRock, Mercer et Russell Investments.
Le plus important asset manager britannique indépendant cède Benchmark, son activité de conseil financier sur le segment mass affluent gérant 37,1 milliards de livres, à Söderberg & Partners, un groupe présent dans le conseil financier et le courtage d'assurance dans les pays nordiques et aux Pays-Bas.
Eurizon regarde de plus en plus au-delà des frontières italiennes, rapporte Bluerating, citant un article d’Expansión. La société de gestion du groupe Intesa Sanpaolo a en effet engagé une démarche de renforcement international. Aujourd’hui, 17 % des encours d’Eurizon proviennent d’une clientèle extérieure au groupe Intesa Sanpaolo, mais l’objectif est d’augmenter encore cette part.
Le directeur général de Baillie Gifford, Tim Campbell, a annoncé aux collaborateurs de la société qu’ils avaient la possibilité de quitter l’entreprise, alors que celle-ci cherche à recentrer son activité sur les segments du marché à plus forte croissance, révèle le Financial Times. Il a indiqué, lors d’une visio interne récente, que les salariés basés au Royaume-Uni pourraient partir dans le cadre d’un programme de départs volontaires, avant de tenir une réunion réunissant l’ensemble du personnel sur ce sujet. Baillie Gifford, fondée en 1908, gère environ 200 milliards de livres sterling d’actifs et emploie 1.600 personnes au Royaume-Uni. Le gestionnaire d’actifs cherche à développer son activité auprès des family offices, des clients intermédiaires aux États-Unis et en Asie 5conseillers financiers et gérants de fortune), ainsi qu’auprès des clients recherchant une exposition accrue aux actifs privés.
La filiale de gestion d’actifs du groupe BPCE veut combler son retard en lançant ses premiers ETF actifs sur le marché européen d’ici la fin de l’année tout en développant son offre sur le non-coté.
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Le Garde des Sceaux Gérald Darmanin a ordonné le traitement prioritaire de 970 dossiers de violences sur mineurs après un audit de grande ampleur. L'analyse approfondie de plus de 85 000 plaintes a révélé que 36 % des victimes sont encore mineures à ce jour
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