Lehman passe 1,8 milliard de dépréciations et rassure sur sa trésorerie
Avec des revenus nets de 3,5 milliards de dollars et un bénéfice de 489 millions, le courtier a affiché des résultats un peu meilleurs qu’attendu
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Annelot Huijgen
«Lehman n’est pas Bear Stearns», avait écrit Mike Mayo, analyste chez Deutsche Bank lundi. C’est exactement ce que Richard Fuld, PDG du quatrième courtier américain, s’est attelé à démontrer hier. Ainsi, il a précisé que la banque disposait d’une trésorerie de 30 milliards de dollars, qui pouvait, en cas de besoin, être augmentée de 64 milliards en ajoutant les actifs mobilisables, tandis que ses différentes «entités réglementées» disposent de 99 milliards supplémentaires. En outre, comme toutes les banques d’investissement, le groupe bénéficie depuis ce week-end de l’accès aux guichets de la Fed, «ce qui fait que la liquidité n’est plus un problème pour le secteur», estime Richard Fuld, ajoutant que Lehman n’a pas fait appel à la Banque centrale pour l’instant.
Au cours du premier trimestre, les revenus des activités de taux - secteur clé pour Lehman il y a encore quelques années - ont fondu de 88 %, à 262 millions de dollars. Les revenus de la banque d’investissement ont en revanche légèrement progressé, de 2 %, à 867 millions de dollars. Surtout grâce à une hausse de 34 % des commissions dans le conseil sur les fusions et acquisitions, Lehman étant numéro deux au monde sur les deux premiers mois de 2008, d’après Thomson Financial.
Au total, les revenus nets ont atteint 3,5 milliards d’euros, en baisse de 31 %, le bénéfice net du groupe ayant chuté de 57 %, à 489 millions de dollars. Les résultats sont impactés par des dépréciations nettes de 1,8 milliard de dollars (4,7 milliards en brut) liées à la valorisation du marché des actifs détenus par la banque. Compte tenu de l’importance du portefeuille des crédits hypothécaires du groupe, certains analystes s’attendaient à plus de dépréciations, qui pourraient néanmoins intervenir dans les prochains mois. Fin février, Lehman détenait encore 31,8 milliards de dollars de crédits hypothécaires résidentiels (dont 14,6 milliards de prime et alt-A) et 36,1 milliards de crédits commerciaux (dont 10 milliards de dollars en Europe). Le premier portefeuille a été déprécié de 800 millions, contre 700 millions pour le second, tandis que le portefeuille de l’activité de prêts aux opérations à effet de levier a été revu à la baisse de 500 millions de dollars.
Ces résultats un peu meilleurs qu’attendu ont été appréciés par le marché : le titre Lehman a gagné jusqu’à 41 % hier, tandis que les CDS (credit default swaps) se resserraient de 70 points de base à 330 pb.
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