L’EFSF veut vite relever son plafond d’intervention
Si ses missions ont été élargies, la force de frappe du Fonds reste limitée, selon les analystes
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Florence Autret, à Bruxelles
En dépit du choc positif créé par le sommet de jeudi à Bruxelles, mais qui commençait à s’estomper vendredi soir, les autorités européennes peinent à fournir un tableau complet et précis à la fois du deuxième plan grec et de la réforme de la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF). Une évidence s’impose toutefois: la structure jouera un rôle central non seulement en Grèce mais aussi pour contenir une éventuelle contagion ou des risques systémiques dans la zone euro. Les analystes jugent déjà insuffisants ses moyens, qui n’ont pas été augmentés la semaine dernière.
Finis les prêts bilatéraux du premier plan grec. L’EFSF prend le relai et assure l’ensemble de l’aide publique européenne sur les 74 milliards du plan qui couvrent le refinancement de la dette (34 milliards d’euros), les rachats de titres sur le marché (20 milliards) et les recapitalisations bancaires (20 milliards). Soit environ 49 milliards d’euros (les deux tiers) à la charge du Fonds. Le reste devrait être pris en charge par le FMI.
L’institution de Washington, dont la directrice générale indiquait jeudi qu’elle était déjà très engagée en Grèce, pourrait en revanche s’abstenir de participer au quatrième élément du plan: les 35 milliards supplémentaires destinés à collatéraliser la dette grecque qui sera placée auprès des investisseurs privés d’ici 2019, pour un montant total d’environ 135 milliards d’euros. Il est possible que l’EFSF s’en charge, là encore, et fournisse à Athènes le collatéral dont elle a besoin, mais la décision n’a pas encore été prise.
L’entrée de l’EFSF en Grèce pourra se faire à statuts constants. Selon Christophe Frankel, directeur financier du Fonds, «le programme d'émission sera probablement un peu augmenté» en fonction, notamment de la participation du FMI. Par ailleurs, l’allongement des maturités des prêts de 7,5 à 15 ans ouvre «une nouvelle fenêtre d’intervention» sur le marché. «Tout ce qui va être fait et décidé le sera de façon à conserver le AAA», a-t-il assuré.
Grèce mise à part, la réforme structurelle du Fonds décidée jeudi, qui va au-delà de ce qui avait été décidé en mars, appelle une augmentation rapide de ses moyens. La capacité d’emprunt est actuellement de 250 milliards et doit être portée avant la fin de l’année à 440 milliards adossés à un matelas de garanties publiques des Dix-Sept de 780 milliards d’euros. Jean-Claude Trichet a invité jeudi les pays qui doivent ratifier ces changements à «accélérer l’ouverture très importante qui a été faite». «J’espère qu’il y a moyen d’accélérer les choses», a déclaré à L’Agefi Christian Frankel, le directeur financier de l’EFSF.
Jeudi soir, à Bruxelles, une source française affirmait que «la question de la taille de l’EFSF n’a pas été abordée» lors du sommet. Mais certains estiment déjà les 440 milliards insuffisants. «Si l’EFSF doit aider à la recapitalisation des systèmes bancaires en difficulté, intervenir de façon préventive et agir sur le marché secondaire pour être efficace, il n’est pas certain que l’habit qu’on lui donne soit suffisamment large», juge Philippe Waechter, chez Natixis AM. «La taille de l’EFSF ne semble pas avoir été augmentée proportionnellement à l’élargissement de son champ d’intervention», ajoute Credit Suisse. RBS considère même que pour établir sa «crédibilité», l’EFSF devrait disposer d’un matelas d’«environ 2.000 milliards», ce qui mettrait toutefois en péril le AAA des pays qui garantissent sa signature.
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