L’EFSF reporte une émission à dix ans face à l’agitation des marchés
Plutôt que devoir payer le prix fort pour soutenir l’Irlande, la facilité européenne de stabilité financière (EFSF), a décidé hier de reporter son émission de 3 milliards d’euros d’obligations à dix ans à la semaine prochaine au moins. Selon un des banquiers mandaté pour effectuer l’opération et cité par Reuters, «l’EFSF n’a aucune urgence de financement». L’obligation à 10 ans du fonds de secours se traitait à 90 points de base au-dessus de la courbe de swaps contre 75 pb quand les banques ont été mandatées.
Jusqu’à maintenant, l’EFSF a financé 9,5 milliards de prêts à l’Irlande et au Portugal. Mais selon BNP Paribas, il lui faudra encore lever 44,2 milliards d’euros en 2012 pour aider les deux pays, sans compter les futures levées de capitaux liées au remaniement du fonds. Ce déferlement d’émissions a tiré les rendements des obligations du fonds à la hausse sur les dernières semaines. Les taux ont aussi réagi à l’évolution des titres d’Etat qui garantissent le fonds, à commencer par ceux de l’Allemagne et de la France.
Les deux pays, qui ont augmenté leurs garanties pour apporter 29% et 22% du total devraient être un peu rassurés par la dernière analyse de Standard & Poor’s. «Nous n’anticipons pas de changement de notes immédiat pour les Etats qui garantissent la dette de l’EFSF après l’augmentation de leur niveau de garantie au fonds», a estimé l’agence de notation hier.
Contrairement à ce qu’avait décidé Eurostat en janvier dernier, S&P estime que ces dernières ne doivent pas être comptabilisées dans la dette brutte des Etats membres au prorata de leurs garanties sur les dettes effectivement émises (garanties calculées en fonction de leur quote-part au capital de la BCE). Selon l’agence, «bien que le risque existe qu’une garantie soit appelée si un des Etats aidés n’est pas en mesure de rembourser ses obligations à l’EFSF, nous considérons que la probabilité d’un tel événement est suffisamment faible», pour que les émissions soient enregistrées hors bilan (en tant que contingent liabilities).
Cette approche bienveillante a des limites. Si les Etats aidés avaient des difficultés à rembourser leurs emprunts, l’agence inclurait les émissions dans la dette des Etats garants. Et si le niveau de dette enregistrée hors bilan augmentait trop avec les nouvelles missions accordées au fonds de secours, certains Etats pourraient quand même être dégradés.
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