L’EFSF contiendrait la crise en garantissant les émissions des Etats
Dès ce dimanche, les chefs d’Etat et de gouvernement européens doivent proposer des moyens de renforcement du Fonds européen de stabilité financière (EFSF). L’Allemagne refuse de transformer le fonds en banque en lui donnant accès à la liquidité de la Banque centrale européenne. En revanche, l’idée de lui permettre de garantir les émissions des pays de la zone euro est toujours dans la course.
L’enjeu est de limiter les risques de contagion de la crise de la dette à des pays comme l’Espagne ou l’Italie sans devoir augmenter la capacité de prêt du fonds et donc les garanties des différents Etats. Car l’agence Standard & Poor’s a prévenu que cela pourrait menacer la note AAA des Etats garants.
Qui plus est, augmenter directement la capacité de prêt supposerait de repasser devant les parlements. La ratification des accords du 21 juillet a été suffisamment longue et risquée pour vacciner les dirigeants européens contre l’envie de faire encore appel aux élus.
Déjà évoquée en 2010, la transformation de l’EFSF en assureur a été remise sur la table par Allianz. Selon l’assureur, ce «mécanisme européen d’assurance de la dette souveraine» permettrait d’augmenter la force de frappe du fonds de 440 milliards d’euros actuellement à 2.900 milliards d’euros. Pour arriver à ce résultat, Allianz fait l’hypothèse que les dettes grecque, irlandaise et portugaise seraient garanties à hauteur de 40%, contre 25% pour l’Italie et l’Espagne. Ce rehaussement permettrait aux pays de se financer sur le marché à bon compte. Et le fonds remanié pourrait même servir à la recapitalisation des banques.
«Le principal avantage de cette proposition est qu’elle permettrait de garder le marché secondaire ouvert», notent les analystes de la Société Générale. Cependant, pour ceux de Nomura cette option semble peu réalisable. «Ce concept d’assurance risque de tomber sous le coup de l’article 125, soit la clause de no bail-out». Celle-ci empêche un Etat de la zone de venir directement au secours d’un de ses pairs.
Les analystes de RBS sont également sceptiques. «Un EFSF transformé en assureur est un bon outil à court terme mais les investisseurs de long terme risquent de ne pas être convaincus de l’amélioration du risque souverain car l’EFSF est un outil temporaire». Il devrait en effet céder sa place au Mécanisme européen de stabilité à la mi-2013, voire avant.
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Schroders pourrait se séparer de sa filiale en Chine
Le gestionnaire d’actifs britannique avait obtenu l’autorisation de Pékin pour lancer cette filiale en 2023. -
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an. -
Federated Hermes s’adjoint un responsable des opportunités de crédit européennes
Il s’agit de Carlos Gross, un ancien d’Alcentra. -
PAI Partners et EQT cèdent World Freight Company à Brookfield
Le spécialiste français de la commercialisation de capacités de fret aérien change de mains sur la base d'une valorisation de 1,2 milliard de dollars, en retrait par rapport aux ambitions initiales d'au moins 1,5 milliard. -
Brookfield collecte 67 milliards de dollars depuis le début de l’année
Le gestionnaire alternatif canadien a également annoncé la fusion entre Brookfield Corporation et son activité d’assurance.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries