L’EFSF contiendrait la crise en garantissant les émissions des Etats

Le Fonds de sauvetage européen pourrait ainsi aider les pays périphériques en difficulté à se refinancer à bon compte sur le marché
Solenn Poullennec
Légende : Wolfgang Schäuble, le 17 octobre. Photo : Jason Alden/Bloomberg
Légende : Wolfgang Schäuble, le 17 octobre. Photo : Jason Alden/Bloomberg  - 

Dès ce dimanche, les chefs d’Etat et de gouvernement européens doivent proposer des moyens de renforcement du Fonds européen de stabilité financière (EFSF). L’Allemagne refuse de transformer le fonds en banque en lui donnant accès à la liquidité de la Banque centrale européenne. En revanche, l’idée de lui permettre de garantir les émissions des pays de la zone euro est toujours dans la course.

L’enjeu est de limiter les risques de contagion de la crise de la dette à des pays comme l’Espagne ou l’Italie sans devoir augmenter la capacité de prêt du fonds et donc les garanties des différents Etats. Car l’agence Standard & Poor’s a prévenu que cela pourrait menacer la note AAA des Etats garants.

Qui plus est, augmenter directement la capacité de prêt supposerait de repasser devant les parlements. La ratification des accords du 21 juillet a été suffisamment longue et risquée pour vacciner les dirigeants européens contre l’envie de faire encore appel aux élus.

Déjà évoquée en 2010, la transformation de l’EFSF en assureur a été remise sur la table par Allianz. Selon l’assureur, ce «mécanisme européen d’assurance de la dette souveraine» permettrait d’augmenter la force de frappe du fonds de 440 milliards d’euros actuellement à 2.900 milliards d’euros. Pour arriver à ce résultat, Allianz fait l’hypothèse que les dettes grecque, irlandaise et portugaise seraient garanties à hauteur de 40%, contre 25% pour l’Italie et l’Espagne. Ce rehaussement permettrait aux pays de se financer sur le marché à bon compte. Et le fonds remanié pourrait même servir à la recapitalisation des banques.

«Le principal avantage de cette proposition est qu’elle permettrait de garder le marché secondaire ouvert», notent les analystes de la Société Générale. Cependant, pour ceux de Nomura cette option semble peu réalisable. «Ce concept d’assurance risque de tomber sous le coup de l’article 125, soit la clause de no bail-out». Celle-ci empêche un Etat de la zone de venir directement au secours d’un de ses pairs.

Les analystes de RBS sont également sceptiques. «Un EFSF transformé en assureur est un bon outil à court terme mais les investisseurs de long terme risquent de ne pas être convaincus de l’amélioration du risque souverain car l’EFSF est un outil temporaire». Il devrait en effet céder sa place au Mécanisme européen de stabilité à la mi-2013, voire avant.

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