L’effet «Draghi» passé, les rendements espagnols et italiens court terme se redressent
L’effet Mario Draghi, le gouverneur
de la Banque centrale européenne (BCE), s’est nettement estompée ce vendredi
sur le marché des dettes souveraines. Les rendements de la dette à court terme
espagnole et italienne se sont redressés, signe que la prudence revient après le
vent d’optimisme soufflé par le banquier central les semaines passées.
Vendredi en milieu de journée, les rendements à deux ans espagnols ont gagné 39 points de base à 3,71%, et ceux d’Italie à deux ans 22 points de base à 3,31%. Dans l’après midi, ces rendements ont atteint
respectivement 4,025% et 3,342%.
Les taux à deux ans espagnol et
italien ont reflué des cimes (au dessus de 7% pour l’Espagne et de 6% pour l’Italie) lorsque Mario Draghi a affirmé, le 26 juillet puis le jeudi
2 août, que la BCE est prête à faire tout son possible dans le cadre de son
mandat pour assurer la pérennité de la zone euro. Le 6 août l’emprunt espagnol est
tombé à 3,65% contre 6,43% la veille, et l’emprunt italien à 3,08% contre 4,95%.
La partie courte
de la courbe des taux de ces deux pays a bénéficié jusqu’à présent de la promesse
de Mario Draghi de la mise en œuvre d’un programme de rachats d’obligations de
maturité courte de la part de la BCE, pour peu que les pays épaulés en
formulent explicitement la demande et que les autres Etats membres se tiennent
prêts à activer les fonds de secours européennes (Fonds européen de stabilité
financière, Mécanisme européen de stabilité).
Mais à présent les investisseurs
doutent de la capacité de la BCE à isoler les cas espagnol et italien du reste
de la zone euro. Et les craintes portent sur le niveau de tension que les
marchés devront atteindre avant que la BCE accepte d’intervenir.
«Nous pensons que les taux
espagnols devront dépasser les niveaux actuels avant que le gouvernement
espagnol se résolve à demander officiellement une aide du FESF ou du MES sous
la forme de rachats d’obligations», écrit dans une note Justin Knight,
stratégiste taux chez UBS. Et d’ici à ce que Madrid fasse la démarche, les taux
espagnols vont continuer à monter, prévoit-il.
Le mois de
septembre sera déterminant pour la zone euro et les marchés avec un premier
rendez-vous dès le jeudi 6 lorsque se réunira le conseil des gouverneurs de la
BCE qui devrait préciser les mesures concrètes envisagées par Mario Draghi et
tant attendues par les marchés.
En attendant «la
pentification impressionnante de la courbe des taux espagnols (depuis les
propos de Mario Draghi) ne constitue pas une réévaluation fondamentale du
risque de crédit», affirme Christoph Rieger, stratégiste taux chez
Commerzbank. «Le ‘rally’ s’est fait dans un marché très peu liquide et
donc vulnérable à une poursuite de la correction si la BCE ne donne pas une
réponse convaincante le mois prochain.»
Les stratégistes taux de Société générale aboutissent aux mêmes
conclusions. «Dans ce contexte, notre position de long terme reste la même
et consiste à détenir ce qui est perçu comme des actifs sûrs», écrit
Ciaran O’Hagan dans la note hebdomadaire sur les taux de la banque. Il
préconise en ce moment d’acheter des obligations japonaises.
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