L’effet de la crise de la dette sur l’euro/dollar reste limité
Le différentiel de croissance et la perspective d’une baisse des taux de la BCE plaident pour une remontée du billet vert à court terme
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Violaine Le Gall
Depuis début septembre, l’euro/dollar fait du yoyo. De 1,45 fin août, il est tombé à 1,31 début octobre, avant de remonter à 1,42 après le sommet européen du 26 octobre. Malgré la contagion de la crise à l’ensemble de la zone, il s’est relativement bien tenu, ne revenant qu'à 1,33 hier. «La stabilité du sentiment de marché, les liquidités fournies par les banques centrales et l’anticipation de rapatriements d’actifs par les banques européennes peuvent largement expliquer la récente solidité de l’euro. Mais le sentiment de marché devrait se détériorer dans les jours à venir et l’euro se retrouvera sous pression», anticipaient les stratégistes taux de Barclays Capital le 23 novembre.
A court terme, la tendance est effectivement à la remontée du dollar, d’après les spécialistes. D’abord, alors que l’Union monétaire risque de retomber en récession, les Etats-Unis affiche une légère croissance. Ensuite, «notre anticipation de nouvelles baisses de taux en 2012 de la BCE, suivies d’assouplissement quantitatif (QE) au moment où la Fed renonce à se lancer dans un QE3 justifie notre prévision d’un euro/dollar à 1,28 au premier trimestre 2012», explique Ray Attrill, stratégiste change chez BNP Paribas.
Mais si l’institut d'émission de Francfort tarde à agir, la tendance serait également à une hausse du billet vert, estiment certains. «Il existe encore une marge d’appréciation significative pour le dollar. Ce sera particulièrement le cas si la BCE continue à refuser d’utiliser son bilan de manière agressive», souligne Jens Nordvig, stratégiste chez Nomura. La crise s’aggravant, le dollar jouerait son rôle de valeur refuge.
Des stratégistes tablent cependant sur un léger redressement de l’euro/dollar courant 2012, si des mesures sont prises pour sortir la zone euro de la crise. Mais les conséquences de la résolution de la crise européenne sur le marché des changes sont encore difficiles à identifier. Une fois la crise réglée, «la remontée de l’euro/dollar ne sera pas durable car la pression cyclique liée à un resserrement du différentiel de taux euro/dollar augmentera en 2012», prévient Valentin Marinov, stratégiste change chez Citi. «L'équation de l’euro/dollar devient plus complexe», reconnaît Ray Attrill. La volatilité sur l’euro/dollar à trois mois ressort à 16,33 après un sommet à 17,6 fin septembre, des niveaux équivalents à ceux de juin 2010.
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