L’économie française reste au point mort
Le bout du tunnel se fera encore attendre pour l’économie française, si l’on en croit la dernière note de conjoncture de l’Insee qui table sur cinq trimestres consécutifs de stagnation à fin 2012. La demande adressée à la France devrait reculer au second semestre, pénalisée par le ralentissement des pays émergents et la remontée du prix du pétrole. En tenant compte de la réappréciation de l’euro, la contribution du commerce extérieur à la croissance se limiterait à 0,4% cette année.
La progression des cours énergétiques contribuera également à limiter la baisse de l’inflation qui devrait atteindre 1,9% en fin d’année. Ceci devrait accentuer le repli d’un pouvoir d’achat déjà pénalisé par le ralentissement des revenus d’activité et la progression des prélèvements obligatoires. La dégradation du marché de l’emploi, avec un taux de chômage désormais anticipé à 10,6% en fin d’année (contre 10,3% avant l’été), pèse en effet sur les négociations salariales tandis que le regain d’inflation au second semestre briderait la hausse des salaires réels.
Quant aux mesures votées pour 2012 en lois de finances, elles induisent «des hausses de prélèvements de l’ordre de 1 point de revenu des ménages sur l’année», souligne l’Insee. Le recul du pouvoir d’achat d’un demi-point en moyenne annuelle ne se répercuterait cependant pas intégralement sur la consommation, celle-ci parvenant à résister grâce à la baisse de l’épargne.
L’organisme prévoit un taux d’épargne de 15,1% à fin décembre contre 16,4% à la fin du premier semestre - un repli très marqué. Au total, les dépenses de consommation reculeraient de 0,1% sur l’année.
En dépit d’une stabilité des conditions de crédit, l’investissement des entreprises non financières reculerait de 0,4% au troisième trimestre et de 0,7% au quatrième en raison du bas niveau de leur taux de marge et de la faiblesse des débouchés. Malgré une forte chute du climat des affaires dans le bâtiment, le rebond de la production industrielle en juillet a conduit à un acquis positif de 0,5% de cet indicateur au troisième trimestre.
La progression du PIB français ressortirait donc à 0,2% en 2012, ce qui correspondrait à un acquis de croissance nul pour l’an prochain. Le pari du gouvernement d’une croissance de 0,8% en 2013 semble donc loin d’être gagné, puisqu’il supposerait selon l’Insee une progression de l’activité de 0,3% sur chacun des 4 trimestres.
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