L'économie française peine à redémarrer
L'économie française ne devrait croître que de 0,1% au troisième trimestre après 0,2% au deuxième, selon la Banque de France (BdF) qui a publié mercredi 7 aout une première estimation fondée sur son enquête mensuelle de conjoncture de juillet. Cette prévision intervient dans un contexte de légère baisse des commandes aux entreprises, globalement et à l’export, souligne la BdF dans son enquête.
Dans sa dernière notre de conjoncture, fin juin, l’Insee avait tablé sur une croissance nulle au troisième trimestre et une hausse du PIB de 0,1 % au quatrième, l’année 2013 risquant fort de se solder par une contraction de 0,1 % du fait notamment de l’atonie de la demande et l’impact du chômage sur le pouvoir d’achat, selon cet institut qui publiera le taux de croissance officiel pour le deuxième trimestre (première estimation) le 14 août.
En juillet, l’indicateur du climat des affaires dans l’industrie de la BdF a baissé d’un point à 95 par rapport à juin, mais celui des services a enregistré une hausse d’un point à 91, les deux se situant en-dessous de leur moyenne de long terme (100). Selon les chefs d’entreprise interrogés par la BdF, la production industrielle a légèrement progressé ou s’est maintenue dans la plupart des secteurs le mois dernier, à l’exception de l’automobile et du secteur caoutchouc-plastique, tous deux en recul. Les commandes ont légèrement baissé et les carnets sont jugés insuffisants, sauf dans le matériel de transport hors automobile, et se sont redressés dans l’agroalimentaire. Le taux d’utilisation des capacités de production dans l’industrie manufacturière a progressé de 0,4 point, à 75,9%, son plus haut niveau depuis décembre. Pour le mois d’août, les chefs d’entreprise prévoient une faible amélioration de l’activité.
Dans les services, l’activité a augmenté en juillet du fait de la hausse du travail temporaire et des services informatiques. Les effectifs sont stables et les contraintes de trésorerie se sont un peu desserrées. Les chefs d’entreprise entrevoient une amélioration de l’activité en août.
A l’international, le déficit commercial de la France s’est contracté à 4,44 milliards d’euros en juin par rapport à son niveau élevé de mai grâce à une légère reprise des exportations mais surtout une forte baisse des importations, à leur plus bas niveau depuis fin 2010, selon les données publiées mercredi par les Douanes (chiffres corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables). En mai, le déficit avait atteint 5,71 milliards d’euros. Sur l’ensemble du premier semestre, il ressort à 29,96 milliards d’euros, revenant sous la barre de 30 milliards pour la première fois depuis trois ans, contre 35,75 milliards sur les six premiers mois de 2012. Cette contraction du déficit est due à une baisse plus marquée des importations (-2,2% au total) que des exportations (-1,9%), qui accusent leur premier recul sur la période depuis 2009, reflétant ainsi les difficultés des principaux partenaires de la France.
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