L’économie britannique glisse sur une pente récessionniste
La Chambre du commerce indique que le gouvernement et la BoE devront prendre des mesures complémentaires pour éviter la récession
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Patrick Aussannaire
L’économie britannique est sur le fil du rasoir. Selon l’enquête trimestrielle de la Chambre du commerce, l’indice mesurant les ventes manufacturières a chuté de 15 points à +3 au troisième trimestre, son plus faible niveau depuis le premier trimestre 2010, alors que l’indice des ventes de services a chuté de 10 points à 0. Dans le même temps, les commandes à l’exportation ont reculé de 8 et 14 points à leur plus faible niveau depuis 2009. Des conditions qui rendent les entreprises réticentes à embaucher avec un indice en recul de 5 points à +10 dans le secteur manufacturier et de 6 points à +6 dans les services.
Des résultats «décevants et inquiétants» selon la Chambre. «Nous pouvons éviter la récession, mais cela dépend des choix du gouvernement» estime son directeur général John Longworth. Et de préciser que «la nécessité pour le gouvernement d’agir dès maintenant en mettant la croissance de l’activité au cœur de toutes ses mesures».
Parallèlement, le marché immobilier reste atone. L’enquête de la RICS montre que l’indice des prix immobiliers est resté stable en septembre à -23. L’institut anticipe que le salaire réel moyen baissera de 7% d’ici mars 2013, le plus fort recul depuis 35 ans. Ce qui pousse les vendeurs potentiels à différer leur projet.
«Même s’il est difficile de voir ce qui pourrait impulser une reprise de l’immobilier à court terme, l’annonce d’un nouveau QE devrait aider à maintenir les taux hypothécaires à un faible niveau» indique Michael Newey. Malgré une inflation bien au-dessus de sa cible (4,5% en août) mais confrontée à un risque de récession, la BoE a annoncé le rachat de 75 milliards de livres de Gilts en de 4 mois, avec 25 milliards sur la zone 25-50 ans. L’objectif est de réduire le niveau des taux longs afin de soutenir l’économie. Suite au QE1, la pente 10-30 ans était passée de 115 bp à 40 bp en 6 mois. Depuis mi-août, ce segment a chuté de 140 bp à 92 bp.
Fitch a néanmoins indiqué hier que le «AAA» du pays n’est pas menacé. Dans le Financial Times, Erik Nielsen, chef économiste chez UniCredit compare la dette britannique et italienne. «Que vaut-il mieux détenir? L’obligation d’un gouvernement poussé par sa banque centrale à réformer ses fondamentaux (contre les tumultes de marché) ou l’obligation d’un gouvernment avec des ambitions budgétaires moins ambitieuses soutenue par la planche à billet de sa banque centrale? Et vous serez payés 3,5 points de plus pour le premier».
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