L’économie allemande subit de plein fouet les effets de la crise financière

Selon les principaux instituts de conjoncture, la croissance va s’effondrer l’an prochain, atteignant tout juste 0,8 %, contre 2,9 % attendus en 2011
Lothar Gries, à Francfort

Après deux années de croissance soutenue le moteur économique allemand s’essouffle. Selon le rapport d’automne des principaux instituts de conjoncture, le PIB allemand devrait même reculer (-0,2%) au quatrième trimestre de cette année, pour la première fois depuis le début de 2009. En 2012, les économistes s’attendent à une légère reprise de l’activité à partir du printemps, permettant au PIB de grimper sur l’ensemble de l’année de 0,8%, soit deux fois moins que prévu par le gouvernement.

L’Allemagne, dont l’économie est fortement exportatrice, subit donc de plein fouet les effets de la crise de la dette publique qui risque de se muter en une crise bancaire, estiment les instituts de conjoncture. «L’incertitude sur l’issue de la crise commence à peser sérieusement sur le moral des entreprises et des consommateurs, tant en Allemagne que chez nos voisins», expliquent les économistes dans leur rapport qui sert de base aux estimations officielles du gouvernement.

Les instituts rappellent notamment la dépendance continue de l’Allemagne à la situation économique des autres pays de la zone euro. «Les exportations vers la Chine ont certes doublé depuis 2008, mais plus de 40% du commerce extérieur allemand se fait toujours avec nos voisins européens», soulignent-ils. Pour empêcher que l’Europe ne tombe dans la récession ils n’hésitent pas à demander à la BCE de baisser son taux directeur de 50 points de base à 1,0%. L’appel a créé la surprise dans un pays extrêmement soucieux de l’indépendance de la banque centrale.

Par ailleurs, la demande des instituts de conjoncture en faveur d’une recapitalisation des banques s’est immédiatement heurtée au refus du patron de Deutsche Bank. S’exprimant à l’occasion d’une conférence bancaire Josef Ackermann, s’est dit «opposé à ce qu’on nous octroie des capitaux dont nous n’avons pas besoin et qui ne règlent pas la crise de la dette».

Pour la coalition au pouvoir à Berlin, l’effondrement de la croissance est une mauvaise nouvelle car elle risque de mettre à mal sa promesse d’une réduction des impôts sur le revenu à compter de 2013, l’année des prochaines élections législatives. «Si les instituts de conjoncture voient juste, la marge de manœuvre du gouvernement est réduite à zéro», estiment d’ores et déjà certains députés. Reste que malgré cette dégradation, le déficit public de l’Allemagne devrait continuer à fondre, revenant à 0,9% cette année et 0,6% l’an prochain.

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