L'écart de performance entre la France et la zone euro s’accroît
La France est-elle dans une impasse? Avec une croissance anticipée à 0,4% cette année et 0,8% en 2015, Coe-Rexecode rappelle dans une note publiée hier «le décalage récent et préoccupant de l’économie française par rapport à la moyenne de la zone euro». Après quatre trimestres de sous-performance, à 0,2% et 0,7%, la croissance française serait encore inférieure de 0,9 et 0,7 point à celle de la zone sur les deux derniers trimestres.
Une atonie de l’activité qui s’accompagne d’une baisse du taux d’inflation à 0,4% en août. Si elle est largement due à une forte chute des prix alimentaires, SG CIB estime que «la France serait certainement tombée en déflation sans l’effet de la hausse de la TVA».
Le décalage entre la France et ses partenaires touche également les finances publiques. Avec une prévision de déficit révisée à la hausse par le gouvernement français à 4,4% du PIB cette année, son écart avec celui de la zone euro atteindra 1,7 point, après un peu plus d’un point de PIB les trois années précédentes. En outre, «la dette publique française sera supérieure de 20 points de PIB en 2014 par rapport à l’Allemagne», alors qu’entre 1990 et 2010, cet écart n’a jamais dépassé 2 points de PIB, précise Coe-Rexecode. BNP Paribas estime même qu’avec un déficit stable à 4,4% du PIB en 2015 avant de baisser légèrement à 4% en 2016, «les chances sont minces pour que la France évite que son ratio de dette publique atteigne voire dépasse le seuil de 100% du PIB d’ici 2017».
Coe-Rexecode estime que «la réorientation intervenue en 2014, avec une baisse significative des cotisations sociales, devrait avoir des effets positifs qui ne seront perceptibles que lentement au cours des prochaines années et surtout, elle reste partielle et insuffisante ou absente dans quatre domaines importants dans lesquels la France est dans une situation atypique : la dépense publique, le marché du travail, la fiscalité et le respect des engagements européens».
Natixis évoque un choix difficile qui consiste soit à sacrifier la croissance en 2015-2016 en finançant les politiques de l’offre annoncées par une réduction des dépense, soit à sacrifier la réduction des déficits qui grimperaient à 5% du PIB en 2015 et 5,5% en 2016 pour une croissance de 1% si les mesures ne sont pas financées. L’abandon des politiques de l’offre condamnerait quant à elle la France à ne jamais relever son potentiel de croissance, autour de 0,8%.
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