L’EBA est accusée d’accentuer la pression sur les dettes européennes
L’Autorité bancaire européenne (EBA) est sur le banc des accusés. Pour ses détracteurs, le mouvement de vente massif des dettes souveraines en zone euro auquel on assiste aujourd’hui trouve en partie sa source, côté bancaire, dans les nouveaux tests de résistance publiés le 26 octobre.
L’EBA a passé à leur valeur de marché à fin septembre les titres de dettes souveraines détenus au 30 juin dans les portefeuilles bancaires pour calculer le montant de capital à lever d’ici à fin juin 2012 afin d’atteindre un ratio core tier one de 9%. Les banques ont été autorisées à compter leurs plus-values latentes, à concurrence seulement de leurs moins-values.
Mais un résultat définitif des tests doit encore être publié ce mois-ci. Avec, cette fois, des calculs basés sur les expositions souveraines au 30 septembre. Le sujet crée la polémique en Allemagne. Plusieurs journaux font état de possibles changements de méthode dans la comptabilisation des «participations silencieuses» au capital des banques et dans la prise en compte des plus-values latentes. Mardi, Reuters évoquait un déficit en capital de 5 milliards d’euros à combler pour Commerzbank d’ici au 30 juin, au lieu des 2,94 milliards annoncés fin octobre.
La Bundesbank, qui avait déjà tiré à boulets rouges contre l’EBA lors des précédents tests, mettrait aujourd’hui la pression sur l’Autorité, qu’elle accuse d’aggraver la défiance générale. Ce qui expliquerait que le résultat final des tests n’ait toujours pas été publié.
«Comme nous l’avons indiqué le 26 octobre, le chiffrage définitif de la position en capital des banques et de leurs expositions à la dette souveraine au 30 septembre doit être diffusé dans le courant du mois, a indiqué hier à L’Agefi un porte-parole de l’EBA. Aucun changement de méthode majeur n’est envisagé à ce stade».
Si l’Autorité n’a officialisé que fin octobre la mise à la valeur de marché de l’ensemble des dettes souveraines, la plupart des banques craignaient cette décision depuis des semaines. D’où des ventes massives dès septembre, par exemple chez BNP Paribas. La banque, qui a réduit de 40% son exposition à l’Italie entre fin juin et fin octobre, a d’ailleurs invoqué la «jurisprudence» EBA. Avec des stress tests appelés à se répéter, des rendements obligataires qui s’écartent toujours, et des analystes financiers aux aguets, les banques n’ont donc qu’une chose à faire: continuer à vendre.
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