Le yen reste le point noir de l’économie japonaise

Le déficit commercial a atteint 775 milliards de yens en août, alors que la monnaie a tutoyé son plus bas historique mardi à 76,11 yens pour un dollar
Patrick Aussannaire

La force du yen est le principal frein à la reprise nippone. Après deux mois consécutifs d’excédent, le Japon a enregistré un déficit commercial record de 775 milliards de yens en août, alors que le consensus tablait sur 218 milliards de déficit. En cause : une hausse des exportations de 2,8% (contre 8,2% anticipé par le consensus), alors que les importations se sont envolées de 19,2% en base annuelle.

La reprise de 5,3% des exportations de voitures n’a pas suffi à compenser la chute de 16,4% des exportations de biens électroniques. La hausse des importations s’explique quant à elle par une augmentation des besoins énergétiques. La facture pétrolière a ainsi bondi de près de 40% et le pays a importé un volume sans précédent de gaz naturel liquéfié (+18,2% sur un an). Les compagnies d'électricité ont augmenté la production de leurs centrales pour compenser l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires depuis l’accident de Fukushima.

Mais les ventes japonaises à l'étranger ont surtout été entravées par la flambée du yen, qui joue le rôle de valeur refuge face aux incertitudes en Europe et aux Etats-Unis. Hier matin, le yen a tutoyé son plus haut historique, à 76,11 yens pour un dollar. Seules des rumeurs sur une possible intervention de la BoJ et des mouvements de vente sur le seuil de 76,20 l’ont fait reculer dans la matinée à 76,35. «Nous examinons avec attention les mouvements de change... et prendrons des mesures si nécessaire» a répété le ministre des finances, Jun Azumi.

Mais la foi dans l’efficacité des interventions sur le change a fait long feu. Le 4 août dernier, la BoJ avait cédé l'équivalent de 4.513 milliards de yens sur le marché des changes faisant revenir la devise de 77,10 à 80,25 yens pour un dollar, avant de chuter à plus bas historique de 75,94 le 19 août.

D’ailleurs, le gouvernement a annoncé mardi un renforcement du programme de soutien aux entreprises, notamment les PME, pénalisées par le yen fort. Le plan comporte un volet destiné à exploiter les opportunités de fusions et acquisitions et de développement de ressources naturelles et de sources d’énergie à l'étranger, offertes par le niveau actuel du yen.

Le Japon a pourtant besoin d’exportations dynamiques pour relancer une économie encore grippée par les conséquences du séisme. Mardi, le FMI a prévu une contraction du PIB de 0,5% en 2011 avant un rebond de 2,3% en 2012.

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