«Le yen n’est plus appelé à rester une valeur refuge»
Pascal Gilbert, responsable gestion obligataire à La Française AM
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Krystèle Tachdjian
- L’Agefi : Comment voyez-vous évoluer l’euro à moyen terme à la lumière du dossier grec ?
- Pascal Gilbert : D’un point de vue fondamental, les ressorts de croissance restent favorables à la devise américaine, face à une zone euro dont l’économie sera convalescente au moins pour les 12 à 18 mois à venir. Ainsi, à court terme, l’euro ne devrait pas s’apprécier fortement, d’autant que les investisseurs resteront prudents tant que les incertitudes dureront sur les pays périphériques. Cependant, l’euro restera dans la durée une devise forte, et l’avancée prise par les pays européens pour réduire leurs déficits structurels comparativement aux Etats-Unis, produira à terme une hausse relative de l’euro contre les autres grandes monnaies, dollar, sterling et yen. La situation grecque n’a guère pesé en partie à cause de l’intransigeance allemande dans les négociations et dans l’application du programme d’austérité, qui nous rappelle sans cesse la rigueur dont ils font preuve et qui en même temps rassure les marchés.
- Vers quelles monnaies «refuge» les investisseurs ont-ils tendance à se tourner ?
- Avec la nouvelle politique qui est en train de se mettre en place au Japon, et face à la dégradation des grands agrégats économiques (dette/PIB > 250%, balance commerciale déficitaire, …), il nous semble que le yen n’est plus appelé à rester une valeur refuge comme il l’a été depuis plus vingt ans. En cas de crise aiguë, le dollar reste par nature la devise refuge à partir du moment où le problème ne trouve pas spécifiquement sa source aux Etats-Unis. L’euro aura également une place de choix dès que les investisseurs verront le bout du tunnel dans la gouvernance européenne.
La France subit une combinaison de facteurs climatiques et économiques qui auront pour conséquence une réduction importante de la production de maïs et une hausse probable des prix.
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