Le vote grec nourrit la détente des marchés de taux et de crédit en Europe
L’effet du vote du plan d’austérité de la Grèce par le parlement hellénique mercredi a nourri la détente des marchés de taux et de crédit en Europe. Depuis lundi, les taux grecs à 2 ans se sont détendus de 264 points de base (pb), passant de 29,4% à 26,8%. A 10 ans, ils ont reculé de 47 pb à 16,3%. Des niveaux qui restent dans tous les cas hors normes. Par répercussion, les taux à 2 ans portugais se sont contractés de 144 pb à 13,2% cette semaine, contre un recul de 55 pb à 13,5% pour leurs homologues irlandais.
En parallèle à la détente des rendements des emprunts d’Etat des pays périphériques les plus en difficultés, le marché du crédit corporate, lui, a repris des couleurs en zone euro après plusieurs jours de gel. En témoignent les quelques émissions réalisées hier. Profitant du regain d’optimisme et de l’amélioration des conditions de marché, les groupes Imperial Tobacco et Total Infrastructures Gaz France ont testé le marché primaire en plaçant respectivement 850 millions d’euros de dette à 7 ans et 500 millions à 10 ans. De même, Schneider Electric a annoncé jeudi le refinancement d’une partie de sa dette et finalisé un placement privé de 300 millions de dollars.
L’apaisement a aussi gagné le marché monétaire et interbancaire. Ce dernier a également bénéficié de l’annonce mardi de l’extension jusqu’en août 2012, par la BCE, la Banque du Canada, la Banque d’Angleterre et la Banque nationale suisse, de leurs accords de swaps de liquidité avec la Fed. Mis en place en mai 2010, ces derniers devaient arriver à leur terme au 1er août 2011. Dans le même temps, le Conseil des gouverneurs a décidé de conduire ses offres de liquidités à 7 jours en dollars bien qu’elles n’aient pas été réutilisées par les banques de la zone euro depuis le 23 février à cause d’un taux servi de loin moins avantageux que sur le marché monétaire.
Le fameux spread FRA/OIS à 3 mois, qui marque la différence entre le Libor et le taux au jour le jour (OIS) en dollar anticipé sur le marché des forwards, est attendu, à horizon décembre 2011, à 22,7 pb, contre 34 pb vendredi dernier. La détente signifie que les banques ont plus de facilité à emprunter en dollar. Une bouffée d’air pour toutes celles dont la devise américaine n’est pas la monnaie de financement principale.
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