Le vote de la Catalogne témoigne d’une défiance grandissante contre Madrid
Les électeurs catalans étaient invités hier à répondre aux deux questions suivantes: «Voulez-vous que la Catalogne soit un État? En cas de réponse affirmative, voulez-vous que cet État soit indépendant?». Le gouvernement régional prévoyait d’annoncer ce matin les résultats de cette «consultation citoyenne» sans listes électorales, puisque le référendum prévu a fait l’objet d’une suspension théorique par le tribunal constitutionnel à la demande du gouvernement espagnol. A partir d’un corps électoral estimé à 5,4 millions de personnes, plus de 2 millions avaient voté dimanche à 18h au sein des 1300 bureaux de vote ouverts.
Alors que Madrid avait fait savoir que le scrutin serait toléré si aucun bâtiment public n’était utilisé, la quasi-totalité des salles de vote appartenaient au gouvernement catalan ou aux municipalités, la justice ayant finalement renoncé à faire retirer les urnes par la police espagnole (Guardia Civil).Plus de 40.000 volontaires sont venus aider à tenir et surveiller les bureaux de vote informels.
Si la volonté d’indépendance a longtemps été marginale en Catalogne qui génère près de 20% du PIB espagnol, elle n’a cessé de croître depuis 2010, les derniers sondages faisant état d’un soutien de près de 50% de la population catalane. Les résultats du vote n’auront certes pas de valeur légale, mais le nationaliste conservateur Artur Mas, qui préside la région autonome, entend ainsi faire pression sur le premier ministre espagnol Mariano Rajoy pour faire avancer les négociations sur le chemin de l’indépendance. «Personne ne démantèlera l’Espagne tant que je serai premier ministre», a martelé celui-ci samedi.
Les analystes soulignaient que les partisans de l’indépendance voteront en masse, tandis que les tenants d’un maintien au sein de l’Espagne risquent de boycotter le scrutin. La forte mobilisation devrait favoriser l’obtention d’une plus grande autonomie de la Catalogne dans les domaines politique et budgétaire. Oriol Junqueras, leader indépendantiste d’Esquerra Republicana, parti de gauche arrivé en tête dans la région lors des dernières élections européennes, a prévenu qu’en cas de participation supérieure à la moitié de l’électorat, Artur Mas devra «convoquer des élections régionales anticipées». Oriol Junqueras prévoit aussi de présenter cette semaine les détails d’un plan visant à transférer à la Catalogne les pouvoirs législatifs et fiscaux actuellement dévolus à Madrid.
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