Le volume d’emprunt de la France pourrait atteindre un record en 2015
En annonçant le 1er octobre un programme indicatif d’émission de dette à moyen et long terme de 188 milliards d’euros l’an prochain, la France s’apprête à renouer avec le record historique de 2010. Mais dans les faits, les volumes bruts de dette levés sur les marchés devraient largement dépasser les 200 milliards d’euros.
Le programme communiqué par l’Agence France Trésor s’entend en effet net des rachats, et donc des fonds levés par l’AFT afin de rembourser par anticipation des emprunts arrivant à échéance les années suivantes. Or, le montant de ces rachats de gré à gré a gonflé ces dernières années. L’agence de gestion de la dette a lissé grâce à ces opérations les très fortes tombées attendues en 2014, 2015 et 2016, elles-mêmes héritées des énormes déficits enregistrés en 2009 et 2010.
Sur les neuf premiers mois de cette année, l’AFT a déjà procédé à 25,8 milliards d’euros de rachat de titres arrivant à maturité en 2015 et 2016. Elle devait par ailleurs lever 173 milliards de financement à moyen et long terme, un programme réalisé désormais à 99% en comptant les 8 milliards d’OAT adjugées hier. Cela «permet d’envisager un volume de rachats total pour cette année proche de 27 milliards d’euros au moins, donc un volume d’OAT et de BTAN de l’ordre de 200 milliards en intégrant les buybacks», selon Cyril Regnat, stratégiste chez Natixis.
Le Trésor ne s’engage jamais à l’avance sur un montant indicatif de rachats, dont l’intérêt financier dépend des prix de marché, de la demande et de la liquidité à l’instant « t ». Mais en toute logique, leur volume devrait rester l’an prochain à un niveau élevé. L’AFT aura en ligne de mire une montagne qu’elle s’est déjà efforcée d’écrêter: les près de 150 milliards d’euros de dette à rembourser en 2016, record absolu.
En faisant l’hypothèse d’un volume de rachats de 27 milliards d’euros l’an prochain, «l’AFT pourrait placer 215 milliards d’euros d’OAT en 2015, ce qui constituerait un record pour le Trésor», souligne Cyril Régnat. Les besoins de financement en 2009 et 2010 s’étaient révélés supérieurs (jusqu’à 246 milliards), mais le dérapage des finances publiques avait été couvert à l’époque par une forte hausse des émissions de bons du Trésor.
Net à la fois des rachats et des tombées, le volume de l’appel au marché tend en revanche à diminuer. Il atteindrait 68,5 milliards en 2015, contre 69,2 milliards cette année.
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation. -
Le retrait du PIF force le LIV Golf à penser au coup d’après
Le fonds souverain saoudien a pris la décision de ne plus financer le LIV Golf, une compétition de golf qui depuis sa création en 2021 a ébranlé le monde des circuits de golf professionnels. -
Les fonds de pension britanniques devront jouer le jeu de la préférence nationale
La chancelière de l'Échiquier du Royaume-Uni a remporté une bataille pour contraindre les fonds de pension à investir leurs actifs dans le pays. -
Nomura AM International crée le poste de directeur des investissements
Il revient à Andrew Goldberg qui a passé plus de vingt ans chez JP Morgan, où il a créé le Guide des marchés et dirigé des initiatives sur les actifs alternatifs.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Survivalisme« Sans primaire, ce sera l’apocalypse chez nous » : chez les Ecologistes, Marine Tondelier acculée par ses opposants internes
Le « there is no alternative » à la primaire de Marine Tondelier ne suffit pas à ramener l’ordre dans la maison écologiste. A mesure que l’illusion d’une candidature commune se dissipe, la numéro 1 des Verts se voit contrainte de sortir de l’ambiguïté : peut-elle faire cavalier seul en 2027 ? Si oui, en a-t-elle les moyens ? Sinon, derrière qui se ranger pour négocier un accord législatif sans se renier ? -
CastagneAu Sénat, le report d'une note sur un pesticide vire au pugilat
Le report d'une note scientifique sur l'acétamipride a frôlé la confrontation entre le sénateur PS Michaël Weber et le président LR de l'Office parlementaire scientifique -
Seine colèreEnseignement libre : la gauche tentée de rallumer la guerre scolaire en commençant par Paris
Les Parisiens n’ont pas fini de voir des parents protester contre des fermetures de classes. La capitale sera la ville de France où le choc démographique sera le plus brutal. Il y a désormais plus de décès que de naissances dans l’Hexagone. Les projections nationales évaluent la baisse prévisible du nombre des élèves à 1,7 million à l’horizon 2035.