Le Trésor britannique bénéficie de la manne de la Banque d’Angleterre
Le transfert des revenus dégagés sur le programme de QE permettra de diminuer les besoins de financement 2013 et réduira la dette publique
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Alexandre Garabedian
Le Trésor britannique bénéficie de la manne de la Banque d'Angleterre. Photo: Matthew Llloyd/Bloomberg
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Mervyn King n’est pas candidat à sa propre succession à la tête de la BoE, sans quoi il aurait reçu le soutien inconditionnel de George Osborne. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre a en effet écrit vendredi au chancelier de l’Echiquier pour lui annoncer que les revenus dégagés grâce au programme d’assouplissement quantitatif (QE) de la banque centrale seraient désormais reversés au Trésor. Ce dernier utilisera cette manne pour réduire le stock de dette. Une annonce qui a entraîné aussitôt une baisse de 10 points de base du rendement des Gilts à 10 ans, à 1,67%.
Depuis 2010, la BoE a acquis 375 milliards de livres de titres d’Etat à travers son Asset Purchase Facility (APF), un programme qu’elle a décidé de ne pas élargir lors de sa dernière réunion du 8 novembre. Jusqu’à présent, les coupons reçus sur les Gilts, nets des coûts d’emprunt de l’APF (0,5%), restaient au sein de l’institution. L’accord prévoit de transférer au Trésor ce surplus de cash accumulé, qui atteignait 23,8 milliards de livres fin juillet et devrait s’élever à 35 milliards début 2013. Les coupons reçus les années suivantes, que Citi estime à 15 milliards par an, seront ensuite transférés au Trésor chaque trimestre. En revanche, les remboursements du principal des Gilts, dont les tombées commencent à partir d’avril 2013, resteront au sein de l’APF.
«Au bout du compte, cela réduira initialement de deux points le ratio de dette sur PIB, puis d’environ un point supplémentaire chaque année», calcule Michael Saunders, économiste chez Citi. Un premier versement de 11 milliards de livres en avril devrait diminuer d’autant le programme de financement du Trésor britannique sur l’exercice 2012-2013, que George Osborne doit présenter le 5 décembre au Parlement. Le chancelier de l’Echiquier pourrait ainsi s’éviter quelques sueurs froides: avant l’annonce de la BoE, la trajectoire de réduction de la dette publique à horizon 2015-2016 était réputée intenable.
L’accord peut expliquer aussi le statu quo de la BoE la semaine dernière. Ce transfert équivaut en effet à un nouveau QE déguisé, a expliqué vendredi Mervyn King. «Le secteur privé détiendra moins de Gilts et plus de cash, ce qui implique un assouplissement des conditions monétaires par rapport à la situation présente», écrit le gouverneur.
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