Le Trésor américain cherche le moyen de réduire le coût de la dette
L’engagement de la Fed de maintenir ses taux proches de zéro inciterait le Trésor à lancer des émissions de titres à taux variables
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Patrick Aussannaire
Pour réduire le déficit sans entraver la croissance, les Etats-Unis utilisent le levier des taux d’intérêt. Le Trésor américain devrait évoquer vendredi prochain, lors de sa réunion avec 22 établissements financiers, l’éventualité d’émettre des titres du Trésor à taux variables, selon le Financial Times. Sa dernière innovation remonte à l’introduction des obligations indexées sur l’inflation il y a 14 ans.
Une mesure qui profiterait de l’engagement fait par la Fed de maintenir ses taux directeurs proches de zéro pendant une période de deux ans pour payer des intérêts a minima. Lou Crandall, économiste chez Wrightson Icap, juge que «l’argument pour une diversification des sources de financement du Trésor en introduisant des obligations à taux flottants est assez fort compte tenu de la perspective d’une persistance de déficits budgétaires importants dans les prochaines années».
Selon Lou Crandall, cette solution ajouterait en outre au Trésor «un outil supplémentaire pour répondre à un accroissement inattendu de ses besoins d’emprunts qui non seulement n’exercerait pas de pression à la hausse sur ses taux longs, mais qui n’entraînerait pas non plus de besoins de refinancement à court terme supplémentaires pour le gouvernement». Côté investisseurs, cette initiative permettrait d’espérer des rendements plus élevés une fois que la situation économique et monétaire se sera normalisée et permettrait aux banques de sécuriser leur bilan pour répondre aux nouvelles règles de Bâle 3 en matière de détention d’actifs de court terme.
Des cessions mensuelles de 20 milliards de dollars d’obligations à trois ans accroîtraient l’offre de titres liquides de 720 milliards.
Accroître de manière significative la part des emprunts à taux variables dans le portefeuille de dette du Trésor n’est pas sans risque. Les Etats-Unis possèdent une occasion de fixer à des taux historiquement bas une partie de leur dette. Ce mois-ci, le Trésor a adjugé 13 milliards de dollars d’obligations à 30 ans au taux de 3,12%, contre 4,75% en février dernier. S’exposer à taux variable pourrait entraîner une forte hausse des intérêts, une fois le sentier de croissance potentiel retrouvé. Sans compter que les investisseurs et les agences de notation pourraient en outre considérer cette option comme un aveu de laxisme de la part du gouvernement concernant la dette publique.
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