Le ton plus offensif de la RBA n’empêche pas la hausse du dollar australien
La RBA va-t-elle se rallier à la stratégie d’intervention sur le marché des changes de la BoJ et de la BNS? La Reserve Bank of Australia a laissé hier son principal taux directeur inchangé à 3,50%, estimant que sa politique monétaire demeurait appropriée, «avec une inflation qui devrait être conforme avec l’objectif et une croissance proche des attentes, mais avec des perspectives internationales plus mitigées qu’il y a quelques mois». Et d’ajouter que «la croissance chinoise a ralenti à un rythme plus soutenable, mais ne semble plus être en phase de ralentissement». De quoi faire bouger les marchés qui n’anticipent plus que 45 pb de baisse de taux d’ici à la fin de l’année, contre 93 pb il y a deux mois.
Cependant, le discours s’est musclé sur les taux de change. «Le taux de change, en revanche, est resté élevé malgré le ralentissement constaté des échanges et de plus faibles perspectives mondiales.» Un changement dans la rhétorique habituelle assez fataliste de Glenn Stevens, le gouverneur de la RBA qui se plaisait à estimer que la force de la devise australienne était «une chose de la vie» à laquelle il fallait s’adapter et contre laquelle les autorités n’avaient pas vocation à intervenir. «Ce nouveau langage pourrait marquer le début d’un changement dans le positionnement de la banque centrale», estime Citigroup.
Ce nouveau message de la RBA a laissé les marchés de marbre. La devise est ainsi montée jusqu'à 1,0601, au plus haut depuis le 20 mars, avant de revenir à 1,0574. Elle gagnait également 0,17% contre euro hier à 1,1713. Et UBS d’estimer que «dans un environnement où les banques centrales du G5 maintiennent une politique monétaire accommodante, l’attrait de rendements élevés devrait se poursuivre, sans mentionner celui pour les pays notés AAA.»
La faiblesse du billet vert et de l’euro, ainsi que le différentiel de taux ne sont pas les seules causes de l’appréciation du dollar australien qui a gagné 75% contre dollar depuis 2008. La publication des réserves de la BNS a ainsi montré qu’elle utilise notamment la devise australienne pour recycler ses 182,5 milliards de réserves en euros achetés sur le marché pour défendre son cours plancher. Selon Morgan Stanley, les investisseurs étrangers auraient achetépour 62 milliards de dollars australiens sur un an à fin mars, soit 4,3% du PIB, et détiennent 77% des obligations souveraines du pays.
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