Le taux du livret A est maintenu à 0,75%
Le taux du Livret A a été maintenu à 0,75%, a annoncé, mercredi, le
ministère de l'économie, une décision prise alors que l’inflation en
France s’est limitée à 0,2% en décembre.
Par ailleurs le
taux applicable aux plans d’épargne logement (PEL), aujourd’hui de 2%,
sera abaissé à 1,5 % pour les PEL ouverts à partir du 1er février.
Pour sa première décision concernant le Livret A, François Villeroy de Galhau, nouveau Gouverneur de la Banque
de France (BdF), n’a
pas voulu contrarier les épargnants français. Il
a proposé, malgré la faiblesse de l’inflation, de conserver le taux actuel de
0,75%, « compte tenu des perspectives d’une légère augmentation de
l’inflation en 2016 ». Bercy s’est aligné sur la proposition de François Villeroy de Galhau,
politiquement plus confortable.
La formule de calcul du taux imposait pourtant une baisse de
0,25 points à 0,5%. Le taux du Livret A est censé être calculé à partir de
l’inflation hors tabac, qui doit être majorée de 0,25 point puis arrondie au
quart de point le plus proche. L’inflation française, publiée mercredi,
s’élevant à 0,2% en décembre, le taux du livret A aurait dû passer des 0,75%
actuels à 0,5%.
La proposition de la BdF
de conserver le statu quo soulage un
gouvernement soucieux de ne pas malmener
l’électorat. La baisse, en plus
d’être impopulaire, aurait accentué la décollecte. En novembre 2015, elle a fléchi
de 9,59 milliards d’euros selon les statistiques de la Caisse des dépôts. Le
livret affichait alors 253,4 milliards
d’encours. « Toute chose égale par ailleurs, un taux à 0.5% aurait
impliqué une collecte nette du livret A à -10,8 milliards d’euros en 2016
versus -6.8 milliards d’euros avec un taux maintenu à 0,75%. », estime
PAIR Conseil.
La Caisse des dépôts semblait elle aussi craindre cette
décollecte. Son directeur général, Pierre-René Lemas, avait déclaré ce matin à
France Info qu’il ne « recommandait pas » une baisse. L’épargne du
Livret A permet à la CDC de financer des projets, notamment la construction de
logements sociaux. Cette dernière a donc intérêt à ce que le taux soit bas à condition toutefois que la décollecte ne menace pas
le Livret A.
« Le fait d’indexer le taux du Livret A à l’inflation
aurait été pertinent car cela permet de s’approcher du taux réel, indique Mathieu
Plane, directeur adjoint du Département analyse et prévision de l’OFCE. Cela
aurait changé la perception des épargnants, qui sont sensibles au taux
nominal. » Un aspect important pour les banques pour lesquelles le
taux du Livret A sert de référence pour les livrets d’épargne. De plus
« L’épargne est très élevée en France, et une petite désépargne n’aurait pas fait de
mal », ajoute Mathieu Plane, pour qui
un arbitrage vers une épargne plus risquée ou vers la consommation serait préférable. L’économiste se montre
toutefois prudent : «l’équilibre épargne - consommation est plutôt
influencé par des facteurs macroéconomiques, tel que le taux de chômage »,
précise-t-il. Une baisse du taux du Livret A
de 0,25 points aurait eu peu d’impact sur le pouvoir d’achat des ménages compte tenu de la faiblesse de l’inflation et
parce que les montants moyens déposés sur ce livret sont petits.
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