«Le taux de défaut devrait, sur le high yield, rester proche de ses points bas»
- L’Agefi : Le marché high yield européen est-il toujours attractif ?
- Julien Daire : En dépit de la belle performance de début d’année, nous maintenons notre vue positive sur la classe d’actif. En effet, nous pensons que les pressions baissières sur les taux en zone euro engendrées par le QE de la BCE vont pousser les investisseurs à accroître leur allocation sur les actifs à spreads. De surcroît, cet assouplissement quantitatif s’accompagne d’une amélioration des perspectives de croissance en zone euro sous l’effet conjugué de la baisse de l’euro et du pétrole, ce qui est un facteur de soutien fort pour la classe d’actifs (en particulier pour les émetteurs notés «B»). Dans ce contexte, les taux de défaut devraient rester proches de leurs points bas autour de 2% à 2,5%. Sur la base de taux de défaut identiques à ceux constatés entre 2004-2007, les spreads étaient en moyenne 80 pb inférieurs aux niveaux actuels, ce qui nous laisse penser qu’il reste du potentiel de resserrement.
- Quels sont les facteurs de risque à prendre en compte pour 2015 ?
- Plusieurs facteurs de risque méritent une attention particulière de la part des investisseurs. Nous pensons notamment que le critère de diversification est primordial pour se prémunir des risques spécifiques idiosyncratiques destructeurs de performance alors même que le coussin de rendement a diminué. Le volume d’émissions primaires est lui aussi à surveiller pour anticiper les périodes d’indigestion de marché. Enfin, la dynamique de croissance est à prendre en compte notamment pour les émetteurs les plus «leveragés». Mais le risque majeur aujourd’hui nous semble être le risque de liquidité qui exacerbera la volatilité dans les périodes d’aversion pour le risque.
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