Les crédits au secteur privé ont décru en novembre, selon les dernières statistiques de la Banque centrale européenne
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Tân Le Quang
Les évolutions monétaires en zone euro en novembre n’ont fait que confirmer l’hypothèse d’une poursuite du reflux de l’inflation à un rythme marqué. De fait, l’offre en actifs monétaires les plus liquides telle que mesurée par M1 a commencé à marquer le pas. Elle n’a enregistré le mois précédent qu’une progression en rythme annuel de 2,5% contre une avancée de 3,7% le mois précédent. En toile de fond à cette dynamique baissière, les banques, qui restent réticentes à se prêter mutuellement de l’argent, ont poursuivi leurs dépôts journaliers massifs auprès de la BCE. Le 29 décembre, ces derniers atteignant environ 237 milliards d’euros. En parallèle, l’offre monétaire mesurée par M3, un indicateur très regardé par la BCE pour anticiper l’inflation, n’a crû que de 7,8% à comparer à 8,7% précédemment et contre un consensus de 8,5%.
L’exacerbation du phénomène d’assèchement du crédit observé depuis l’éclatement de la crise financière, elle, devient inquiétante. En novembre, la croissance annuelle du crédit au secteur privé est ressortie en hausse de 7,1% après 7,8% en octobre. En rythme mensuel, le volume des crédits au secteur privé a baissé de 0,1% après avoir progressé de 0,6 % le mois d’avant. «Le ralentissement significatif du crédit au secteur privé en novembre va probablement soulever des interrogations au sein de la BCE concernant un «credit crunch» dans la région. Avec la nette chute annuelle de M3 (…), cela devrait réduire davantage toute crainte inflationniste restante, souligne dans une note ING.
En détail, la croissance du crédit aux ménages est passée de 3,3% à 2,5% alors que l’inflation en zone euro a été confirmée à 2,1% au cours du même mois. Quant au crédit bancaire destiné aux entreprises non financières sa progression s’est établie à 11,1%, contre 11,9% auparavant. Dans son enquête de novembre, la BCE révélait un «rétrécissement significatif» au troisième trimestre à 2008 des standards de crédit pour les entreprises européennes. Ces derniers sont attendus «inchangés» pour le dernier trimestre.
Cette série de statistiques devrait, aux yeux d’ING, renforcer les anticipations d’une baisse de 25 points de base (pb) à 2,25% des taux directeurs en zone euro la semaine prochaine. De fait, le marché des futures parie actuellement sur un taux Eonia d’ici un mois à 2,25%, soit 25 pb en dessous du niveau actuel de taux de refinancement.
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