Le Talf commence à produire ses effets sur le marché américain des ABS
Les achats de titres adossés à des actifs non financés par le Talf ont atteint 5 milliards de dollars en juin, contre 3,2 milliards en mai
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Tân Le Quang
La Réserve fédérale (Fed) a dressé la semaine dernière un bilan encourageant du Term Asset-Backed Securities Loan Facility (Talf), son dispositif visant à soutenir la consommation en finançant les acheteurs de titres adossés à des actifs (ABS). «Nous n’avons toujours pas retrouvé le rythme annuel d’émission de 200 milliards de dollars d’avant-crise. Nous ne nous attendons pas à atteindre ces niveaux, mais nous faisons un bon démarrage », a déclaré jeudi William Dudley, le président de la Fed de New York.
De fait, lancé en mars, le Talf monte peu à peu en puissance, aidant ainsi le marché primaire des ABS à se relancer. Les émissions ont atteint 8,3 milliards de dollars en mars pour chuter à 3,3 milliards en avril. Mais elles ont bondi à 13,84 milliards en mai et ont touché les 16,5 milliards en juin. En 2009, 44,7 milliards de dollars ont été placés. Autre satisfaction. Les émissions touchent une large gamme d’ABS liés à la consommation (cartes de crédit, crédits automobiles, crédit-bail d’équipement...) et les spreads ont reflué.
« Le marché pour de telles transactions n’est pas totalement dépendant du financement du Talf. C’est une bonne chose et signifie que le Talf aide le marché à redémarrer et ne s’y substitue pas », a ajouté le banquier central. Le 2 juin, les demandes de prêts ont atteint 11,45 milliards de dollars, soit un taux de participation des investisseurs au Talf de 69,4 %, contre 76,6 % en mai. D’un mois sur l’autre, le montant des achats d’ABS non financés par la Fed est passé de 3,2 à 5 milliards de dollars.
Mais la Fed doit trouver encore un certain équilibre entre les aspects restrictifs du Talf, qui réduisent son attractivité, et les moyens de se protéger contre les abus des participants. Pour William Dudley, le grand défi est surtout celui d’accroître la participation des investisseurs long terme institutionnels, comme les OPCVM, les fonds de pension, les compagnies d’assurance, qui pour la plupart ne peuvent recourir à l’effet de levier. « Nous travaillons, à la Fed, sur un nombre de questions hautement complexes pour permettre la création de véhicules qui rendraient plus facile, pour une large gamme d’investisseurs, l’accès au financement des ABS. »
Standish Mellon AM a d’ailleurs annoncé jeudi qu’elle offrirait dès juillet à ses clients une manière d’investir dans les ABS visés par le Talf.
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