«Le sujet n’est pas la restructuration de la dette grecque mais ses conditions»

François Raynaud, gérant taux chez Edmond de Rothschild AM
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Le passage en territoire négatif des rendements de la dette des pays «core» est-il soutenable ?

- François Raynaud : L’action de la BCE sur les prochains mois devrait maintenir les taux «core» en négatif: l’augmentation du bilan via les TLTRO favorisant le surplus de liquidité et la convergence de l’Eonia vers le taux de dépôt de la BCE (-20 pb); l’achat mensuel d’actifs soutenant les taux sur l’ensemble de la courbe. Certains investisseurs, comme les banques, ont intérêt à acheter ces titres à taux négatifs dont le portage est moins coûteux vis-à-vis du taux de dépôt ou qui facilitent le respect des ratios réglementaires. Les actions récentes de la Banque centrale suisse ou l’évolution de la politique de la Banque japonaise sur ces dernières années nous rappellent que la BCE peut encore renforcer son action et éventuellement diminuer ses taux dans les mois à venir en fonction de l’évolution des pressions inflationnistes.

- Quel pourrait être l’impact d’une nouvelle restructuration de la dette grecque sur les titres des pays dits périphériques ?

- Le sujet n’est pas tant la restructuration que l’évolution des conditions qui y sont attachées. Des concessions trop importantes favoriseraient les partis anti-austérité et auraient un impact sur tous les pays à échéance électorale proche : d’abord l’Espagne, avec des sondages flatteurs pour Podemos, puis le Portugal. Sans programme d’aide ni élections, l’Italie ou la Slovénie devraient être moins touchées, d’autant plus que la mise en place effective des achats de la BCE devrait atténuer les conséquences pour tous les Etats.

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