Le suisse Unigestion diversifie pas à pas ses débouchés
Si la Suisse concentre 30% de ses 10,9 milliards d’euros d’actifs et la France un quart, Unigestion compte sur de nouveaux relais. La société helvétique de gestion institutionnelle vient de s’implanter à Toronto en recrutant une consultante de Mercer. Ce cabinet lui a permis de décrocher en 2012 son premier mandat local pour le Mouvement Desjardins. «Nous avons déjà quelques mandats d’actions internationales et émergentes au Québec et à Ottawa. Notre culture de gestion du risque y semble appréciée», déclare Jean-François Hirschel, responsable marketing d’Unigestion, qui affiche 400 millions de francs suisses d’encours dans le pays.
Le groupe a aussi élargi sa licence à Singapour en 2013. «Nous voulons croître sur le marché institutionnel asiatique qui pèse seulement quelques pour-cent de nos encours. C’est une stratégie de long terme car les fonds de pension y sont encore peu nombreux», juge le représentant d’Unigestion.
En dehors de Lausanne, les autres centres de gestion semblent confortés par les directives européennes. «Notre bureau de Paris devient notre plate-forme AIFM et Londres notre plate-forme Mifid, explique-t-il. Cela ne change pas notre organisation car Paris disposait déjà d’un agrément de multigestion alternative et de FCPR, mais chaque bureau peut déléguer à un autre la gestion de certains mandats.»
Les actions pèsent depuis l’an dernier plus de 50% des actifs, devant les fonds de fonds alternatifs et de private assets (capital-investissement, infrastructures, etc.) et la multigestion. De même, les mandats personnalisés sont devenus majoritaires. «Nous avons choisi ce modèle pour développer notre expertise de sélection de fonds de dette», pointe Jean-François Hirschel.
Du côté des produits ouverts, «nous avons lancé cette année une stratégie actions monde avec un biais investissement responsable, pour les fondations et organisations caritatives», poursuit-il. Nous espérons aussi boucler Unigestion Secondary Opportunity III, un FCPR de secondaire investi dans des fonds de capital-investissement dédiés aux entreprises moyennes. Il permet aux clients d’augmenter rapidement leur exposition au private equity en profitant d’une décote sur les actifs».
Après un closing à 100 millions d’euros, le groupe vise 400 millions pour ce fonds. En 2013, Unigestion a subi au total 424 millions d’euros de décollecte, un gros client ayant internalisé sa gestion, mais les flux sont positifs en 2014, à 171 millions fin février.
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