Le statu quo de la Fed offre un répit aux émergents et aux taux européens
Un répit pour les pays émergents et les taux européens. En optant par surprise pour le statu quo mercredi soir, la Réserve fédérale américaine n’a pas changé de direction – celle d’une modération, dans les mois qui viennent, de son programme d’assouplissement quantitatif. Mais elle change à court terme le climat sur ces marchés.
Pénalisés depuis mai par les annonces d’un prochain «tapering» de la Fed, les émergents ont profité hier de rachats de positions vendeuses. Les roupies indienne et indonésienne, particulièrement chahutées cet été, ont par exemple regagné environ 3% face au dollar après la décision de la banque centrale américaine. Les Bourses locales ont aussi rebondi, jusqu’à 4,65% pour l’indice de Djakarta.
«La décision de la Fed donne aux investisseurs plus de marge pour réviser leur évaluation des marchés émergents avec moins de pression. L’idée d’une normalisation rapide des taux américains était au cœur des flux de décollecte sur les fonds émergents depuis mai», rappelle Steven Major, patron de la recherche taux chez HSBC.
L’effet sur la zone euro est plus ambigu. La monnaie unique a gagné 2 centimes face au billet vert depuis mercredi après-midi, à 1,355, ce qui ne fait pas les affaires de l’économie européenne. En revanche, la Fed a fait décaler à la baisse les courbes de taux, de 7 à 8 pb par exemple à 10 ans.
Sur la partie longue, cela a permis à l’Espagne de lever jeudi 3,1 milliards d’euros, au-delà de son objectif de 2 à 3 milliards, en menant pour la première fois depuis deux ans une adjudication sur une maturité 15 ans. Sur les marchés monétaires, le phénomène marquant de l’été jusqu’à début septembre avait été une remontée des taux forwards Eonia, alimentée par la baisse de la liquidité excédentaire en raison des remboursements effectués par les banques au guichet de la BCE.
Celle-ci commençait à évoquer une nouvelle injection à long terme (LTRO) que certains économistes attendaient même dès décembre. «Nous pensons toujours que la BCE offrira davantage de liquidités, mais l’urgence du soutien a diminué et l’échéance du premier trimestre 2014 apparaît désormais plus probable», estime Greg Fuzesi, économiste Europe chez JPMorgan.
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