Le spectre d’une dégradation de note plane sur le Japon
Le FMI, S&P, Fitch et l’agence nippone Rating and Investment Information ont tous alerté sur la dérive des déficits et ses conséquences sur les taux
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Patrick Aussannaire
Les alertes se sont multipliées ces derniers jours concernant la situation budgétaire japonaise, alors que l’économie se remet à peine des conséquences du tremblement de terre. Fitch a prévenu que «le Japon devra prendre des mesures budgétaires supplémentaires pour éviter une dégradation de sa note» et S&P a indiqué que le pays «se rapprochait d’une dégradation». Même l’agence de notation japonaise Rating and Investment Information estime la probabilité d’une dégradation de «50 à 100%» avant la fin de l’année.
Outre une hausse de l’impôt sur le revenu (de 2,1%) et sur les sociétés censées rapporter 10.000 milliards de yens, le gouvernement prévoit de doubler le taux de TVA, actuellement à 5%, afin de revenir à l’équilibre budgétaire d’ici à mars 2016. Le FMI suggère plutôt une hausse du taux à 15% accompagnée d’une réforme du système des retraites.
Or, le journal nippon Mainichi annonce que le gouvernement pourrait soumettre une quatrième rallonge budgétaire en janvier de 2.000 milliards de yens, après les 12.100 milliards déjà votés. Parallèlement, les minutes de la BoJ ont révélé un accroissement des risques de récession avec un yen qui résiste à 77,18 contre dollar. «Le gouvernement aura beaucoup plus de mal à présenter un plan de redressement budgétaire crédible cet été, si l'économie s’enfonce d’ici là dans la récession» estime Capital Economics.
Le déficit public du Japon étant financé à hauteur de 40% par l'émission d’obligations (JGB), le FMI estime qu'«un regain d’inquiétude sur la soutenabilité de la dette pourrait conduire à une hausse brutale de la prime de risque sur les JGB [Japanese government bonds], qui ne serait pas compensée par une hausse équivalente de la demande privée». Le Fonds estime qu’une hausse d’un point de pourcentage de taux accroîtrait les intérêts de la dette d’au moins 2 points de PIB.
Le taux 10 ans a gagné 8,5 pb la semaine dernière pour repasser au-dessus de la barre de 1% à 1,03%. Un niveau qui reste «très bas», tempère Fitch. Sans compter que les investisseurs domestiques détiennent 95% des 8.500 milliards de dollars d’obligations d’Etat japonaises sur le marché. Et le niveau d’épargne des ménages, estimé à 14.200 milliards de dollars, permet encore de couvrir le montant de la dette, qui devrait atteindre 13.700 milliards fin mars 2012.
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