Le spectre d’un nouveau défaut attise les craintes d’une crise de la dette en Chine
La volonté de désendettement affichée par Pékin pourrait conduire au défaut d’une société immobilière. Un secteur très fortement exposé
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Patrick Aussannaire
Le secteur immobilier chinois est également sous la menace d’un défaut. Après le premier défaut obligataire d’une société de panneaux solaires Chaori Solar suivi de celui d’une société de production d’acier Haixin Steel, c’est le promoteur Zhejiang Xingrun qui ne serait pas en mesure de rembourser ses 3,5 milliards de yuans (405 millions d’euros) de dette, dont 2,4 milliards sont détenus par des banques et 1,1 milliard par des particuliers. Si le premier ministre Li Keqiang a estimé ces défauts comme «inévitables» pour le processus de désendettement de l'économie et de meilleure estimation des risques, ils font craindre à certains un effet boule de neige entraînant une crise systémique en Chine.
Ce défaut «pourrait se propager à d’autres promoteurs chinois avec une hausse des coûts de financement et une baisse des sources de financement disponibles», alerte ainsi RBS. 66% des obligations libellées en dollars que les sociétés immobilières chinoises ont émises cette année traitent actuellement sous le pair. Or, leur poids dans les émissions totales en dollars réalisées cette année a atteint 60% , et le secteur immobilier chinois représente à lui seul 40% dans les deux plus importants indices de référence (Merrill Lynch et JPMorgan) du marché «high yield» asiatique.
Les petits acteurs seraient les plus touchés. «Nous prévoyons une salve de défauts des petits promoteurs, avec une restriction attendue des «trust loans» après deux défauts symboliques», précise Bei Fu, analyste chez S&P. La volonté des autorités de freiner la croissance de l’immobilier s’est traduite par une baisse de 3,7% sur un an des ventes d’immeubles commerciaux en janvier et février, après une hausse de 26,3% en décembre. Parallèlement, le rythme de croissance des sources de financement pour le secteur a ralenti à 12,4%, après 26,5% en décembre.
CICC cible 12 sociétés de tous secteurs en «grande fragilité». «Les primes de risque des obligations de sociétés très mal notées pourraient rester à des niveaux élevés, ou augmenter à de nouveaux plus hauts», ajoute la banque. Des craintes qui se sont propagées au marché interbancaire, avec une hausse du Shibor à 7 jours à 3,41% hier, après un plus bas de 2,2% il y a une semaine.
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