Le spectre d’un Brexit sans transition hante l’économie britannique
Les perspectives de l’économie britannique étaient déjà moroses.
Or chaque jour qui passe paraît les assombrir au point que tous les secteurs, face au risque élevé d’échec en décembre des négociations avec l’Union sur le Brexit, doivent se hâter d’anticiper ses conséquences.
Pour beaucoup, le budget a servi de révélateur. Les perspectives de croissance ont été réduites d’un demi-point de PIB pour 2017, sans reprise d’ici 2020. L’inflation, elle, caracole déjà à 3%.
Résultat, le secteur de la distribution broie du noir et doit s’en remettre à des opérations comme le Black Friday pour se refaire.
Au risque de jouer sur novembre et décembre le bénéfice de l’année au prix de ristournes massives et coûteuses.
L’automobile est dans la même logique. La prévision d’un institut spécialisé prévoyant une baisse de la production de 10% cette année a jeté un froid sur une industrie qui compte parmi les plus demandeuses de bonnes nouvelles sur le front du Brexit.
La semaine dernière aussi, deux secteurs clés de l’économie, la banque et la santé, ont ressenti par anticipation, avec le départ symbolique vers le continent de leurs agences européennes de régulation, les effets du Brexit.
Pour les groupes pharmaceutiques, l’heure de monter des filiales sur le continent capables d’assurer leur accès au marché unique des médicaments, a sonné. L’urgence de la relocalisation ne touche pas que la finance.
La liste n’est pas exhaustive : des compagnies aériennes en passe de perdre leurs droits de vol, aux agriculteurs qui dépendent vitalement de l’étranger, un accord ménageant une longue transition est une question de survie.
Si Theresa May ne veut pas voir l’économie partir en vrille, elle n’a pas le droit à l’échec.
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