Le spectre des turbulences des marchés pèse sur l’immobilier britannique
Nul ne sait ce que le prochain virage peut masquer comme périls pour le marché immobilier britannique. Si jusqu’ici comme le souligne le chef économiste de Nationwide Robert Gardner, les prix ont enregistré une relative stabilité depuis l’été 2010, les «risques de baisse» se sont récemment accrus face aux perspectives économiques en berne, tant au Royaume-Uni que dans le monde.
Le prêteur estime en effet que les prix immobiliers outre-Manche ont baissé de 0,3% sur douze mois glissants à fin septembre, après qu’ils ont abandonné 0,1% ce mois-ci. Un bien immobilier se négocie en moyenne désormais selon Nationwide à 166.256 livres, l’équivalent de 191.000 euros.
Cette tendance relativement stable devrait se maintenir jusqu’à la fin de l’année et l’an prochain, selon Robert Gardner, sur fond tant d’une demande atone pénalisée par un marché du travail à la peine que d’une reprise très progressive de l’offre. Pour autant, à ses yeux, «il y a un risque que, si la situation de la zone euro continue à se détériorer, cela affecte le coût et la disponibilité du crédit». La Banque d’Angleterre a fait le même constat cette semaine dans son enquête trimestrielle sur les conditions de crédit outre-Manche.
Prudemment, l’économiste de Nationwide met en exergue les contraintes auxquelles font face les banques sur les marchés financiers, tout en avançant que «si elles ne s’intensifient pas», le niveau faible des taux d’intérêt devrait continuer à soutenir le marché immobilier. Si toutefois la confiance du consommateur renaît. Economiste chez IHS Global Insight, Howard Archer reconnaît que l’hypothèse de taux bas jusqu’en 2013 est une bonne nouvelle pour le marché immobilier, mais qu’elle pourrait ne pas peser lourd face à des fondamentaux économiques fragiles.
La Banque d’Angleterre a bien souligné que les prêteurs s’attendaient à voir le volume de prêts augmenter au cours des prochains mois, dans le sillage de la progression plus forte qu’attendu (à 52.410 unités) constatée le mois dernier. Certes le volume de prêts était précédemment resté inférieur à 50.000 chaque mois, sauf un, depuis début 2010, alors qu’il s’établissait à 119.000 en moyenne en 2006.
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