Le soutien à la croissance divise le G8
Les bonnes mesures nesont pas les mêmes pour tous.Ce constatétabli ce week-end à Camp David par les huit grandes économies mondiales (G8) souligne les divisions persistantes sur la marche à suivre,notamment dans le délicat équilibre à trouver entre relance dela croissance et strict maintien d’une discipline budgétaire. Comme il l’avait fait à Berlin, le soirde son investiture, le président français François Hollande a réaffirmé la nécessité, à ses yeux, de mettre la croissance au cœur du débat.
Lors d’un point presse informel, François Hollande a qualifié ce sommet de «fructueux», estimant qu’il avait permis d’envoyer un double message : «il n’y aura pas de croissance sans confiance, et il n’y aura pas de confiance sans croissance». Au cours du week-end, le chef de l’Etat a reçu le soutien de son homologue américain. «La direction prise récemment par le débat devrait nous donner confiance», a estimé Barack Obama. Le communiqué final du G8 fixe pour impératif de «stimuler la croissanceéconomique touten respectant le ferme engagement à mettre en oeuvre des mesures d’assainissement des finances publiques qui feront l’objet d’une évaluation structurelle».
Bien qu’Angela Merkel assure que la France et l’Allemagne n’ont pas de divergence en matière de croissance, Berlin n’a pas manqué de faire entendre sa position. Se référant aux mesures de soutien engagées dans le sillage de la crise financière, la chancelière allemande a souligné que «tout le monde s’accordait à dire que de tels stimulus ne pouvaient pas être reconduits actuellement». La réduction des déficits publics et la relance de la croissance «sont les deux côtés d’une même pièce» et «ne devraient pas être joués l’une contre l’autre», a-t-elle ajouté.
La prochaine étape de ce dyptique croissance-austérité se jouera mercredi lors d’un sommet informel entre dirigeants européens. Pour des mesures concrètes, il faudra vraisemblablementattendre le sommet de juin. Le Président du conseilitalien Mario Monti a indiqué qu’il rencontrerait avant cette échéance ses homologues français et allemand à Rome le mois prochain.
Fait inhabituel, le communiqué du G8 fait mention du cas particulier d’un Etat. «Nous convenons du rôle prépondérant que joue une zone euro forte et unie pour assurer la stabilité et la reprise à l’échelle mondiale, et nous réitérons notre intérêt à ce que la Grèce demeure dans la zone euro tout en respectant les engagements qu’elle a contractés», soutiennent les dirigeants.
Athènes a confirmé samedi que de nouvelles élections législatives se tiendraient le 17 juin. Les derniers sondages sur place indiquent que la Coalition de gauche radicale (Syriza) a repris le dessus sur les conservateurs de Nouvelle Démocratie. Son chef de file, Alexis Tsipras, a estimé que jouer avec la peur d’une sortie de la Grèce de la zone euro n'était que de la«vulgaire propagande» destinée à «terroriser le peuple grec» avec un faux dilemme. A contrario, selon le Premier ministre britannique David Cameron, «la Grèce peutsoit voter pour rester dans l’euro, soit voterpour en sortir».
Du côté des marchés financiers, d’aucuns ont perdu patience. «Il n’y a pas la moindre chance que la Grèce reste dans la zone euro» et bloquer cette transition n’est que «torture», a affirmé samedi à Washington German Gref, ex-ministre russe de l’Economie etaujourd’hui PDG de Sberbank, la deuxième banque de Russie.
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