Le sort du Portugal reste suspendu à celui de ses voisins périphériques
Le Portugal pourrait revenir sur le devant de la scène. Une délégation de la Troïka est discrètement arrivée à Lisbonne mardi dans le cadre du cinquième rapport trimestriel sur l’avancée du programme de réformes du pays. En jeu: le déblocage d’une nouvelle tranche d’aide en octobre prochain de 4,3 milliards d’euros et sa capacité à revenir sur les marchés d’ici un an. Le Portugal doit en effet couvrir des besoins de 10 milliards d’euros en septembre 2013, et le FMI impose que les besoins non couverts par le programme de soutien soient financés d’ici là.
Certes, la situation s’est stabilisée. «Un certain niveau de confiance est revenu au Portugal, où le gouvernement continue de bénéficier de suffisamment de soutien pour poursuivre un programme très dur d’ajustement», estime Deutsche Bank. Le rendement des obligations d’Etat portugaises a bénéficié de l’espoir d’une intervention de la BCE, avec un taux 2 ans qui est revenu sous les 5% et un taux 10 ans sous les 9%. Une des meilleures performances en Europe.
Néanmoins, les objectifs budgétaires seront difficiles à tenir. Une source officielle du gouvernement citée par le Wall Street Journal prévient qu’«il paraît de plus en plus clair que les ajustements que nous effectuons pour ramener le déficit à 4,5% du PIB deviennent de plus en plus durs». Si la Troïka pourrait assouplir l’objectif de déficit à 5% selon le Diario Economico, l’activité a accusé une contraction de 2,3% et 3,3% aux deux premiers trimestres, et le chômage a atteint un record de 15,4% en juin. Lisbonne prévoit un retour à la croissance en 2013 après une contraction du PIB de 3% cette année et de 1,7% en 2010.
Sur les sept premiers mois de l’année, les recettes d’impôts ont d’ailleurs chuté de 3,5% à 17,8 milliards d’euros, et restent de 2,6 milliards inférieures au montant nécessaire pour atteindre l’objectif budgétaire. «Nous ne pensons pas que le gouvernement puisse faire davantage», estimait déjà Peter Weiss de la Commission européenne à l’issue du rapport de la Troïka d’avril.
Sans compter que le pays reste très dépendant de l’avenir de ses voisins d’infortune. «Le problème du Portugal n’est pas seulement ses performances économiques, mais ses liens avec les autres pays périphériques», estime UBS. Et d’ajouter que «si la Grèce quitte l’euro, nous prévoyons que l’Irlande et le Portugal seront également contraints de sortir quelques semaines après».
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