Le sort des créanciers privés sera une des clés des sauvetages européens
A quelques jours de la réunion de la Banque centrale europénne, la pression monte sur son président Mario Draghi, attendu au tournant par les marchés financiers. C’est jeudi prochain qu’il doit préciser les contours du programme d’achats d’obligations d’Etat à court terme annoncé le 2 août. A ce jour, les interrogations demeurent sur l’ampleur et les modalités de son intervention.
La communauté financière a déjà fait sienne le fait que l’institution ne révélera pas sous quel plafond elle entend maintenir les rendements obligataires ni à quel niveau de taux elle interviendrait sur le marché. C’est certainement d’ailleurs l’une des clés du succès pour faire baisser durablement les coûts d’emprunt en Italie et en Espagne. Mais pour les investisseurs privés, l’une des préoccupations principales reste celle du statut de la séniorité de la BCE.
Début août, la banque a reconnu pour la première fois que son statut de créancier privilégié posait problème, et qu’il devait être traité. Mais l’institution n’a pas indiqué comment elle procéderait d’un point de vue technique et notamment si un éventuel renoncement impliquerait une garantie apportée par le mécanisme européen de sauvetage FESF. «Trancher la question de la subordination des créanciers par rapport à la BCE est un point essentiel dont dépend la réussite des éventuels sauvetages de l’Espagne et de l’Italie», souligne Alexandre Hezez, responsable de la gestion chez Convictions AM.
L’autre sujet qui inquiète les marchés de taux est de savoir si les prêts qui seront accordés par le MES aux pays en difficultés auront le statut prévu dans le traité fondateur du mécanisme en février, à savoir une séniorité par rapport à tous les autres prêts, exceptés ceux du FMI. Pour la recapitalisation des banques espagnoles, le MES a renoncé à son rang de créancier prioritaire mais pour les autres renflouements à venir, le débat est entier. Dans une note publiée hier, Michala Marcussen, analyste chez Société Générale CIB, estime que ce renoncement serait favorable à une détente des taux souverains mais ne le juge pas sans risque pour la stabilité de la zone euro.
L’absence de séniorité pourrait en effet reporter la charge d’un défaut sur les contribuables qui seraient dès lors moins enclins à soutenir les plans de sauvetage futurs.
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