Le sort de la Grèce est suspendu aux décisions du FMI et de l’Europe
C’est dans les prochaines semaines que le nouveau plan pour la Gréce, décidée le 21 juillet, va enfin prendre forme. Plusieurs fois reportée, la visite de la troïka à Athènes est finalement prévue le 22 septembre. Cette mission est décisive puisqu’elle permettra aux experts du FMI et de la Commission européenne de finaliser leur rapport, sur la base duquel la sixième tranche d’aide doit être débloquée. A l’issue de ce voyage, l’Union européenne pourrait donc verser 5,8 milliards d’euros à Athènes. Ensuite, le conseil du FMI doit, en théorie, approuver le versement de 2,2 milliards d’euros le 27 septembre. Le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, a promis dimanche des «mesures difficiles» à l’issue d’un conseil des ministres.
Mais la Grèce risque de ne pas atteindre les objectifs auxquels est conditionnée la nouvelle aide, craignent des spécialistes. Par conséquent, les stratégistes de SG CIB envisagent plusieurs scénarios. L’Union européenne pourrait par exemple débourser sa part tandis que le FMI s’engagerait à payer en fonction des progrès réalisés. Cela ferait «gagner du temps, en permettant de voir si la Grèce est sincère et compétente dans la mise en œuvre des mesures convenues», expliquent-ils. Le programme de participation du secteur privé, auquel était conditionné le nouveau plan d’aide à Athènes, ne sera mis en œuvre que quelques semaines plus tard. L'échange de dettes aura en principe lieu en octobre et conduira à une dégradation temporaire de la note de la Grèce.
D’ici à fin septembre, les membres de la zone euro se sont par ailleurs engagés à voter la réforme du Fonds européen de stabilité financière (EFSF). Seuls le Luxembourg, la Belgique, la France, l’Espagne, et l’Italie ont déjà voté la réforme. Dans d’autres pays comme l’Allemagne ou l’Autriche, elle devrait être votée dans les délais fixés. Quelques autres font de la résistance, notamment la Slovaquie.
La Grèce n’a, heureusement, pas à d'échéances à honorer prochainement. Il ne reste à Athènes plus qu’une tombée de titres longs en 2011, de 5,8 milliards d’euros en décembre, d’après BNP Paribas. Le pays continue par ailleurs de se financer à court terme. Début septembre, il a émis pour 1,3 milliard d’euros de bons du Trésor à six mois en offrant un rendement de 4,8% Aujourd’hui, il prévoit une émission de 1,25 milliard d’euros à trois mois. Autant d’opérations qui permettront de faire face à la tombée de 2 milliards d’euros de titres courts le 23 septembre prochain.
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