Le sort de la banque privée suisse Sarasin déchaîne à nouveau les passions

Julius Baer et Raiffeisen notamment seraient sur les rangs pour le rachat de la participation de contrôle de Rabobank. Sarasin fait vœu d’indépendance
Benoît Menou

Dans un contexte d’attente de rapprochements au sein de la banque privée en Suisse, Sarasin fait à nouveau parler d’elle. La banque, dont le montant des actifs gérés dépasse les 100 milliards de francs suisses, a réagi hier à des rumeurs relayées par la presse locale selon lesquelles son actionnaire de contrôle, la banque néerlandaise Rabobank, serait désormais disposée à renoncer à son engagement. Au printemps dernier, l’actionnaire, détenteur de 46,1% du capital et de 68,6% des droits de vote, avait indiqué que le sujet n’était pas à l’ordre du jour après que la direction de Sarasin avait mis en avant son vœu de prise d’indépendance par le biais d’un management buy-out (MBO).

Une volonté répétée hier dans un communiqué où l’établissement bâlois a reconnu «avoir appris que des discussions sont apparemment en cours avec plusieurs parties potentiellement intéressées au sujet d’une réduction de la participation de Rabobank dans Sarasin». Si les termes sont empreints de prudence, notamment sur le degré de désengagement envisagé par Rabobank, l’affaire semble bien relancée, Sarasin ajoutant que «pour l’instant Rabobank conserve sa participation majoritaire et garde toutes les options ouvertes».

De quoi faire bondir le titre Sarasin en Bourse de Zurich de 15,26% en clôture à 32,85 francs, portant sa capitalisation au-delà des deux milliards.

A la source de la sortie de Sarasin, tout d’abord un article du Handelszeitung citant un banquier d’affaires zurichois : Julius Baer a soumis à Rabobank une offre non engageante. Sans davantage de précisions, un porte-parole de Julius Baer a répondu que l’opération pourrait avoir un intérêt stratégique du fait de modèles de développement et d’histoires familiales comparables. Le patron de la banque privée Boris Collardi n’a pas fait mystère ces derniers mois de son appétit pour la croissance externe, susceptible selon lui de générer «des synergies de coûts».

Le TagesAnzeiger a par ailleurs fait part de l’intérêt pour Sarasin de Raiffeisen Suisse, qui souhaiterait ainsi peser davantage dans le cadre de son partenariat avec la banque Vontobel. Il est vrai que le scénario d’une prise d’indépendance de la part de Sarasin souffre de la taille relativement modeste de la banque, d’autant plus à l’heure où la bataille de la gestion privée se joue à l’échelle planétaire.

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