Le Sommet européen laisse les investisseurs sur leur faim
Le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement européens aura laissé les investisseurs sur leur faim pour ce qui est des possibles aménagements du système de stabilisation de l’euro mis sur pied avant l’été et qui vient d’être mobilisé pour la première fois au bénéfice de l’Irlande. «Restructuration des dettes, obligation commune pour la zone euro ou augmentation de l’EFSF? Aucun de ces problèmes n’a été abordé. Mais ils doivent l’être», estimait vendredi un analyste d’ING.
Les Vingt-Sept ont des plans concrets pour l’aménagement des procédures budgétaires et de la surveillance budgétaire et macroéconomique dès 2011: les six textes amendant le Pacte de stabilité, actuellement entre les mains des ministres des Finances et du Parlement européen. Ils viennent par ailleurs de poser la première pierre du mécanisme permanent de gestion de crise de liquidité et de solvabilité d’un pays de la zone euro à partir de mi-2013 en lançant la procédure de changement du traité européen. D’ici là, pour la période 2011 à mi-2013, le résultat du sommet consiste dans l’affirmation d’une «volonté politique» voulue sans faille, illustrée par cette déclaration de Nicolas Sarkozy à l’issue du sommet: «l’euro (…) ne tombera pas car nous le soutenons de toutes nos forces».
«Nous avons conscience que la discussion doit encore avancer» sur la convergence des politiques économiques, a reconnu le président français. Le 10 décembre, le Conseil des ministres franco-allemand de Fribourg s’était achevé sur la résolution d’entreprendre une «convergence économique » entre les deux pays. Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu’elle pourrait faire école.
«A part les développements sur l’ESM [le futur mécanisme de stabilisation de l’euro], la principale avancée de la déclaration [du président du Conseil Herman van Rompuy] concerne une «stratégie conjointe» pour rendre la zone euro imperméable à la crise. C’est plus une pétition de principe qu’un plan d’action concret», relevait vendredi un analyste de BNP Paribas. Faute de consensus sur les projets d’eurobonds ou un assouplissement de l’EFSF, les Vingt-Sept semblent prêts à rouvrir le sujet de l’union économique. La question est de savoir s’ils peuvent s’offrir le luxe d’un long débat connexe au problème plus immédiat de refinancement des dettes dans la zone euro dans les deux ou trois années à venir.
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