Le sommet du G20 est hanté par la crise de la dette européenne
Les ministres des Finances du G20, réunis à Paris aujourd’hui et demain, délaissent les autres dossiers prioritaires
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Jeremie Marais
Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20, qui se réunissent aujourd’hui et demain à Paris, devraient à nouveau consacrer l’essentiel de leurs discussions à la crise de la zone euro, laissant de côté des dossiers comme la régulation financière et la réforme du système monétaire international, compromise par les tensions entre la Chine et les Etats-Unis au sujet de la valorisation du renminbi.
«Les Etats-Unis, la Chine et le Japon, notamment, sont très inquiets des conséquences de la crise pour la croissance mondiale», observe un officiel français. Les ministres devraient se concentrer sur les détails du «plan global», esquissé par José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et censé être adopté par le Conseil européen le 23 octobre. Les sujets sur la table sont sources de divisions: décote supplémentaire sur la dette grecque, recapitalisation des banques européennes, capacité du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) et gouvernance de la zone euro.
La France estime que la meilleure solution serait de transformer l’EFSF en banque pour qu’il ait accès au financement de la BCE, a déclaré une source au ministère de l’Economie. Une idée à laquelle s’opposent la BCE, l’Allemagne et les Pays-Bas. «L’idée n’est pas d’avoir 2.000 milliards d’euros dans l’EFSF, a ajouté la même source. Il s’agit d’avoir un effet de levier qui engage le soutien d’autres fonds européens ou internationaux.Si un Etat met un, on pourrait avoir trois ou quatre fois plus de la part d’autres partenaires.» La question d’une aide supplémentaire du FMI, et donc de ses moyens, estaussi posée. L’Inde, la Chine et le Brésil seraient en faveur d’une recapitalisation du Fonds monétaire, à condition que les droits de vote actuels ne soient pas dilués, selon des sources citées par Reuters.
Toutefois, la stabilisation de la zone euro ne suffira pas à «lever les inquiétudes sur la croissance mondiale», a prévenu la source de Bercy. Les ministres doivent préparer une nouvelle étape de la coordination internationale pour renforcer et rééquilibrer la croissance. La France souhaite que chaque pays s’engage sur deux ou trois mesures au sommet de Cannes les 3 et 4 novembre, mais les plans soumis jusqu’à présent n’ont pas été jugés «assez ambitieux», selon l’officiel français.
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