Le segment des obligations sécurisées boucle un semestre historique
Poussées par les volumes de juin, les émissions atteignent un record de 105 milliards d’euros. Des coupons élevés sont cependant demandés
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Laure Closier
La Caisse d’Epargne avait ouvert la voie fin mai après un mois de gel. 22,2 milliards d’euros d’obligations sécurisées ont depuis été émis rien que sur le début de juin. Alors que le mois de juin n’est pas encore terminé, les volumes d’émissions enregistrent, selon Deutsche Bank, un record pour un premier semestre depuis 1996. Avec 105 milliards d’euros d’émissions, les volumes à la mi-2010, sont supérieurs à ceux du premier semestre 2007. La volatilité sur les marchés favorise les produits les plus sécurisés. Par ailleurs, beaucoup d'émetteurs bloqués par les conditions de marché en mai ont reporté leurs émissions sur juin, juste avant le creux de la période estivale.
Cependant si les covered bonds ont permis de rouvrir le marché du crédit, les pays périphériques sont encore exclus du segment. «Le marché est actuellement divisé entre les core et le non-core. Les émissions des pays principaux sont extrêmement hautes avec pas moins de 17 milliards d’euros rien que sur les dix derniers jours», commente José Sarafana, responsable de la stratégie covered bonds chez SG CIB. Sur les périphériques, en effet, les titres se négocient très près de leurs souverains respectifs, dont les spreads se sont écartés à des niveaux d’avant l’intervention de la BCE début mai.
Côté «core», les volumes d’émission très élevés ne devraient cependant pas durer. Il faut noter que «l’appétit des investisseurs faiblit, avecdes spreads de plus en plus largeset des livres moins bien souscrits, lorsqu’ils atteignent leurs objectifs de taille», ajoute le spécialiste. Les émetteurs ont en effet payé des coupons relativement chers en ce début de juin. «L’émission à 10 ans d’ABN Amro, (parti avec un coupon de 3,25%) confirme une vraie demande (...) pour les covered bonds à longue maturité, mais montre aussi que les investisseurs sont désireux d’obtenir des coupons élevés (comme lors de l’émission du CFF, partie à 4%)», constate de son côté Bernd Volk, analyste chez Deutsche Bank.
L’arrêt programmé des achats de la Banque centrale européenne (BCE) devrait aussi avoir un impact sur les prix des obligations. La BCE a jusqu’ici acheté pour 58,2 milliards d’euros de covered bonds. Le programme prend fin le 30 juin prochain. «Nous nous attendons à un écartement des spreads mais relativement limité. (…) Le support de la BCE ne devrait en effet pas être totalement arrêté», conclut José Sarafana.
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