Le secteur bancaire reste hypertrophié dans certains pays d’Europe
Le total des actifs des banques représente désormais autour de 200 % du PIB en moyenne, et même davantage en France, contre 75 % aux Etats-Unis
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Tân Le Quang
Le risque de liquidité des banques européennes, qui a été remis au goût du jour depuis le mois d’août et qui bat de nouveau son plein, se nourrit des interrogations sur les bilans bancaires. Alors que le levier excessif dans le secteur bancaire et financier avait fini par provoquer une crise de liquidité et la chute de Lehman Brothers, l’hypertrophie reste de mise en zone euro.
Les banques européennes n’ont pas vraiment réduit la taille de leur bilan. D’après les stratégistes crédit de RBS, sur ces dix dernières années, les bilans des banques ont doublé de taille et crû trois fois plus vite que le PIB. En Europe, le total des actifs des banques représente désormais autour de 200% du PIB, contre 75% aux Etats-Unis. Depuis 2007, ces ratios stagnent, mais ne baissent guère. Surtout, la France fait partie des pays européens qui figurent en tête de ce processus de «surbancarisation» (voir graphique) avec un ratio dépassant les 200%, contre plus de 350% pour la Suède et le Royaume-Uni et plus de 450% pour la Suisse, trois pays où les superviseurs souhaitent durcir leurs exigences en capital au-delà de celles de Bâle 3. La Grèce est sous la barre des 100%.
«Les banques américaines peuvent paraître plus petites grâce aux montants plus larges des titrisations. Mais même en tenant compte des agences et des ABS/MBS, le résultat serait toujours plus faible qu’en Europe», note RBS. En plus d’avoir crû en taille, les bilans des banques ont également eu recours à l’effet de levier. De fait, les dépôts ont chuté de 38% à 34% tandis que les prêts restent constants à environ 40%.
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