Le secteur bancaire menacé par l’utilisation des lignes de crédit déjà négociées
Un nouveau front pourrait menacer la solidité des bilans bancaires. Celui des lignes de crédit négociées par de grandes entreprises internationales (Sprint-Nextel, Porsche, Tata Motors…) avant le début de la crise financière à des conditions avantageuses, et dont l’utilisation pourrait, selon les estimations de JPMorgan, contraindre le secteur bancaire dans son ensemble à lever 40 milliards de dollars pour garder un ratio de solvabilité adéquat.
Les autorités monétaires aux Etats-Unis ont estimé que le secteur bancaire mondial faisait face à fin septembre dernier à plus de 1.400 milliards de dollars constitués de lignes de crédit non tirées, au plus haut depuis la mise en place de cette statistique en 1989. Les banques américaines (Citigroup, Bank of America, JP Morgan ou Merrill Lynch) semblent les plus exposées, car le ratio de solvabilité (tier one) des dix plus grands établissements d’outre-Atlantique a reculé à 7,3 % fin 2007 contre 8,7 % en 2006, selon le Credit Suisse. «Cette baisse a été jusqu’ici compensée par des levées de fonds d’au moins 50 milliards de dollars auprès de fonds souverains émanant des pays du Golfe ou d’Asie», estime l’agence Bloomberg. Mais le plongeon en bourse des valeurs bancaires devrait à l’avenir freiner l’ardeur de ces nouveaux investisseurs, tandis que le coût de protection des crédits à haut risque consentis par les banques américaines a augmenté, comme en témoigne l’indice Markit LCDX en baisse de 0,4 % à 91,15.
Les primes de risque plus importantes exigées en retour par les banques pour consentir de nouveaux prêts contribuent donc à la raréfaction de ces derniers, tous secteurs d’activité confondus. Les emprunteurs sont alors d’autant plus enclins à puiser dans les lignes de crédit déjà négociées, à l’instar de l’opérateur mobile américain Sprint qui a tiré en février 2,5 milliards de dollars sur une ligne de 6 milliards mise en place en 2005 par Citigroup et JPMorgan, pour un coût de seulement 75 points de base (pb) au dessus du Libor, «alors qu’une nouvelle facilité de paiement lui aurait coûté 500 pb supplémentaires à l’heure actuelle», souligne-t-on chez FitchRatings. «Le risque d’une spirale négative n’est pas à exclure si les banques en viennent à ne plus financer des emprunteurs parfaitement solvables, ce qui caractérise une crise de liquidité», conclut Anil Kashyap, professeur à l’université de Chicago.
Plus d'articles du même thème
-
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière. -
Les banques et les acteurs crypto lorgnent les clients européens de Binance
Faute d'agrément MiCA, Binance doit suspendre ses services en Europe. Kraken devrait reprendre la majorité de ses parts de marché. Mais d'autres acteurs, plateformes crypto et banques confondues, espèrent que les cartes seront rebattues. -
Renault place son ingénierie au cœur de la bataille face aux constructeurs automobiles chinois
Le groupe au losange réorganise son activité d'ingénierie en France. L'enjeu ? Gagner un temps précieux dans la conception de nouveaux modèles face à une concurrence asiatique toujours plus conquérante. -
La Bourse fêtera la cotation du Slip Français le 14 juillet
L’iconique marque française de sous-vêtements se valorise 14 millions d’euros, avant une augmentation de capital de 5 millions. Les deux fonds, qui accompagnent le groupe depuis dix ans, céderont leurs parts pour un maximum de 10,8 millions. -
Exosens décroche un financement de 140 millions d'euros de la BEI
Cette enveloppe soutiendra les investissements du groupe dans les technologies avancées de vision nocturne et d’imagerie numérique destinées aux marchés européens de la défense et de la surveillance.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
ConquêteInnovation, prix bas, partenariats... Comment Pékin impose ses voitures sur tous les continents
Portés par un marché intérieur saturé et une industrie très compétitive, les constructeurs chinois accélèrent leurs exportations et multiplient les implantations à l’étranger. -
CoopétitionDerrière le relooking de la CPME, une guerre d'influence
Rebaptisée Les Entrepreneurs, l'organisation patronale joue son va-tout pour peser sur 2027 en rivalisant avec le Medef -
PlaidoiriesL'affaire Lyhanna vue par les magistrats : beaucoup de corporatisme, peu de mea culpa
Les deux plus hauts magistrats de France ont mis en garde, jeudi, contre « la mécanique du bouc-émissaire »