Le secteur bancaire indien est lui aussi sous pression
State Bank of India a fait état d’une hausse de ses créances douteuses, alors que Moody’s a dégradé la perspective du secteur de stable à négative
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Patrick Aussannaire
Le système bancaire indien n’échappe pas à la crise. State Bank of India (SBI) a publié hier un résultat net en hausse de 12% à 28,1 milliards de roupies (408 millions d’euros) au troisième trimestre, contre 25,2 milliards anticipé par le consensus Bloomberg. Les revenus d’intérêts nets ont enregistré une hausse de 31% à 259,7 milliards sur le trimestre.
«Même si les résultats ont battu le consensus des analystes, les investisseurs sont inquiets de la montée des créances douteuses» explique Alex Mathews, analyste chez BNP Paribas Financial Services. Les actifs non performants sont passés de 3,35% de la dette totale il y a un an à 4,19% au 30 septembre 2011. Dans le même temps, les provisions pour créances douteuses se sont envolées de 35% à 29,2 milliards de roupies. De quoi faire plonger l’action SBI de 5% à 1.897, 9 roupies. Elle a chuté de 33% depuis le début de l’année, contre une baisse de 16% pour l’indice du secteur Bankex.
Le montant des créances douteuses fait écho à la dégradation quelques heures plus tôt par Moody’s de la perspective des banques indiennes de stable à négative. «La tendance économique du pays est au ralentissement du fait de l’inflation élevée, du resserrement monétaire et de la hausse des taux d’intérêt» estime Vineet Gupta, analyste chez Moody’s. «Dans le même temps, des inquiétudes se sont fait jour sur la pérennité de la reprise en Europe et aux Etats-Unis, ainsi que sur la hausse du programme d’emprunt du gouvernement, qui pourrait faire fuir les fonds du marché privé du crédit».
Moody’s s’attend à une hausse des provisions cette année et la suivante, le resserrement monétaire entrainant une hausse des créances douteuses. La Banque centrale a demandé aux banques du pays de gonfler leurs fonds propres pour couvrir les créances douteuses et de doubler leurs provisions sur la dette restructurée afin de se couvrir contre des défauts d’emprunteurs. Vineet Gupta anticipe un ralentissement de la croissance du crédit de 21% en 2011 à 16-18% en 2013.
L’agence avait déjà soulevé il y a un mois les besoins en fonds propres de SBI qui ont contraint l’établissement détenu à 59% par l’Etat à procéder à une augmentation de capital supérieure à 30 milliards de roupies. Dans ce contexte, Moody’s s’attend à ce que les profits du secteur soient sous pression avec une baisse des marges consécutive à la libéralisation des taux de dépôts.
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