Le sauvetage des banques irlandaises épargnera la dette bancaire senior
Soulagement pour les porteurs de dette senior de banques irlandaises. Alors que, la semaine dernière, des rumeurs évoquaient une participation aux pertes, cette possibilité est à présent écartée. Dans le cadre du sauvetage de l’Irlande, les pays européens n’ont pas souhaité mettre à contribution les obligataires seniors. Une telle décision aurait en effet eu des conséquences lourdes sur la stabilité européenne. «Le risque systémique a été un élément-clé (dans cette décision)» en raison de l’exposition des banques européennes à la dette bancaire irlandaise et de celle de la Banque centrale européenne dans le cadre de ses opérations de refinancements en échange de collatéraux, d’après la recherche économique de BNP Paribas.
Par ailleurs, imposer une décote sur la dette senior bancaire irlandaise aurait gravement compliqué le financement des banques, et pas seulement en Irlande, ajoute Harpreet Parhar, stratégiste crédit chez Crédit Agricole CIB. La question de la participation des créanciers seniors pourraient cependant ressurgir dès la discussion au Parlement de la loi sur la restructuration bancaire, prévue début 2011, d’après Morgan Stanley.
A plus long terme, les perspectives restent également incertaines pour les porteurs de dette senior. «Dans la prochaine crise financière, les investisseurs participeront davantage aux pertes», estime le professionnel de CA CIB. Dans ce contexte, compte tenu de sa nature arbitraire, la participation forcée du secteur privé à un sauvetage serait moins favorable aux créanciers seniors que le recours à des émissions de capital contingent, précise-t-il.
Dans un futur proche, ce sont les porteurs de dettes subordonnées qui seront fort probablement mis à contribution. Le gouvernement a besoin d’imposer des «décotes importantes» sur les dettes bancaires juniors suite au sauvetage, a explique Brian Lenihan. Déjà, les porteurs obligataires subordonnés de la banque nationalisée Anglo Irish ont accepté d’échanger leurs titres avec une décote de 80%. L’échange ou le rachat de dettes pourraient se faire au prix de marché c’est-à-dire à des conditions moins défavorables que pour Anglo Irish. Quant à la loi attendue début 2011, elle devrait donner aux pouvoirs publics la possibilité de modifier les caractéristiques des dettes subordonnées.
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