Le S&P 500 pourrait se diriger vers un choc similaire à celui de 1987
Après une longue période de vaches maigres, les indices européens semblent prendre le relais d’un marché actions américain à bout de souffle, entre nouvelles macroéconomiques décevantes, risques sur la soutenabilité des profits en lien avec la hausse du dollar et surtout des valorisations défiant la gravité. Cela peut-il durer ?
C’est probable à moyen terme, notamment grâce à une BCE tirant inexorablement les cours vers le haut via son quantitative easing ayant déjà permis à l’Euro Stoxx d’engranger 27% de hausse en un trimestre... Pourtant, les investisseurs institutionnels européens font preuve d’un manque d’enthousiasme flagrant à l’idée de «monter dans le train», notamment en raison des risques inhérents à la soutenabilité des marchés actions américains aux niveaux actuels. Ces craintes sont-elles exagérées ? Probablement pas, au moins à court terme. En effet, selon les normes historiques, la plupart des déterminants de l’évolution du S&P 500 semblent mal orientés: ratio cours boursier sur chiffre d’affaire à son niveau de 2000 et 2007, révisions baissières des anticipations de bénéfices pour les années 2015 et 2016, et surtout une inquiétante dérive du ratio cours boursier sur bénéfices selon Shiller (retraité des éléments cycliques) par rapport à sa tendance de long terme.
Sur ce point, les comparables historiques sont éloquents: depuis le début du XXe siècle, on dénombre seulement 7 épisodes où la dérive par rapport à la tendance a atteint ou dépassé les niveaux actuels (1901, 1928, 1937, 1946, 1987, 1998 et 1999). La réaction des marchés à un tel excès a été binaire: soit un décrochage brutal et immédiat permettant à cet indicateur de valorisation de revenir autour de sa tendance de long terme, comme en 1946 (-23%), et surtout en 1987 (-32%) et 1998 (-15%); soit une poursuite du gonflement d’une bulle de valorisation durant une grosse année (1928 et 1999) avant l’entrée dans un bear market de grande ampleur au cours des années qui suivirent.
Dans ces conditions, si les conditions sont clairement posées pour que les marchés actions européens continuent à surperformer à moyen terme, il nous semble de plus en plus probable qu’une correction violente survienne à court terme en provenance des Etats-Unis. Nous recommandons en conséquence la prudence sur les actifs risqués (surtout à la veille des publications de résultats pour le premier trimestre), avant que les indices européens ne reprennent leur inexorable marche en avant.
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