Le Royaume-Uni s’apprête à lancer une grande réforme du taux Libor

La FSA devrait dévoiler aujourd’hui un plan de réforme du taux interbancaire britannique qui comprend plus d’encadrement et de participants
Patrick Aussannaire

Le Libor va faire peau neuve. C’est la promesse que s’apprête à faire Martin Wheatley, directeur de l’Autorité des services financiers (FSA) britannique chargée par le gouvernement de proposer des réformes après le scandale des manipulations du taux interbancaire cet été, selon des sources concordantes qui ont eu connaissance du plan qui sera dévoilé aujourd’hui. La FSA parle de Libor «cassé» qui nécessite «une refonte complète» afin de restaurer la confiance des investisseurs internationaux qui dépendent des 300.000 milliards de dollars de contrats en circulation. «Le Libor doit revenir à ses fonctions initiales, plutôt que de refléter le bon vouloir de traders et personnes sans scrupules» devrait avertir Martin Wheatley.

Martin Wheatley compte supprimer cinq devises et 130 des 150 fixings quotidiens actuels, afin de se concentrer sur les taux et devises les plus utilisés par les investisseurs. Le taux londonien continuera ainsi de dépendre des estimations quotidiennes faites par un panel de banques, mais sa supervision sera retirée à l’Association des banquiers britanniques (BBA) pour être confiée à une institution de régulation indépendante.

Et la FSA de voir son influence renforcée pour limiter l’influence captieuse de certains traders sur les taux. Premièrement, un nombre plus important de banques devraient participer à la fixation du Libor. Elles sont en effet 20 à l’heure actuelle, contre 40 pour l’Euribor. Les banques les plus actives sur le marché monétaire et des dérivés de taux devraient être invitées à participer. Elles devront en revanche chacune soumettre leur méthode de calcul à la FSA qui devra valider les contributions de chaque banque.

Les recommandations de Martin Wheatley seront incluses dans le projet de loi de régulation financière soumis au Parlement. Mais la tentation d’avoir recours à un taux basé sur des transactions réelles grandit, même si elle est écartée par Martin Wheatley. Une enquête de Thomson Reuters et S&P Capital IQ révèle que le système de contribution au fixing du taux est lent à réagir aux mouvements de marché et favorise les arbitrages avec les CDS. Depuis le début de l’année jusqu’à fin août, les 18 banques composant le panel du Libor dollar ont laissé leur estimation quotidienne inchangée dans 87% des cas. Cette proportion était de 75% l’an dernier et de 29% en 2005. La Société Générale a changé seulement cinq fois son estimation du Libor USD 3 mois, et Credit Suisse 59 fois.

Les autorités américaines auraient d’ailleurs demandé à leurs homologues britanniques de pouvoir interroger les traders londoniens dans le cadre de leur enquête sur le Libor dollar, selon Bloomberg.

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