Le Royaume-Uni s’apprête à lancer une grande réforme du taux Libor
Le Libor va faire peau neuve. C’est la promesse que s’apprête à faire Martin Wheatley, directeur de l’Autorité des services financiers (FSA) britannique chargée par le gouvernement de proposer des réformes après le scandale des manipulations du taux interbancaire cet été, selon des sources concordantes qui ont eu connaissance du plan qui sera dévoilé aujourd’hui. La FSA parle de Libor «cassé» qui nécessite «une refonte complète» afin de restaurer la confiance des investisseurs internationaux qui dépendent des 300.000 milliards de dollars de contrats en circulation. «Le Libor doit revenir à ses fonctions initiales, plutôt que de refléter le bon vouloir de traders et personnes sans scrupules» devrait avertir Martin Wheatley.
Martin Wheatley compte supprimer cinq devises et 130 des 150 fixings quotidiens actuels, afin de se concentrer sur les taux et devises les plus utilisés par les investisseurs. Le taux londonien continuera ainsi de dépendre des estimations quotidiennes faites par un panel de banques, mais sa supervision sera retirée à l’Association des banquiers britanniques (BBA) pour être confiée à une institution de régulation indépendante.
Et la FSA de voir son influence renforcée pour limiter l’influence captieuse de certains traders sur les taux. Premièrement, un nombre plus important de banques devraient participer à la fixation du Libor. Elles sont en effet 20 à l’heure actuelle, contre 40 pour l’Euribor. Les banques les plus actives sur le marché monétaire et des dérivés de taux devraient être invitées à participer. Elles devront en revanche chacune soumettre leur méthode de calcul à la FSA qui devra valider les contributions de chaque banque.
Les recommandations de Martin Wheatley seront incluses dans le projet de loi de régulation financière soumis au Parlement. Mais la tentation d’avoir recours à un taux basé sur des transactions réelles grandit, même si elle est écartée par Martin Wheatley. Une enquête de Thomson Reuters et S&P Capital IQ révèle que le système de contribution au fixing du taux est lent à réagir aux mouvements de marché et favorise les arbitrages avec les CDS. Depuis le début de l’année jusqu’à fin août, les 18 banques composant le panel du Libor dollar ont laissé leur estimation quotidienne inchangée dans 87% des cas. Cette proportion était de 75% l’an dernier et de 29% en 2005. La Société Générale a changé seulement cinq fois son estimation du Libor USD 3 mois, et Credit Suisse 59 fois.
Les autorités américaines auraient d’ailleurs demandé à leurs homologues britanniques de pouvoir interroger les traders londoniens dans le cadre de leur enquête sur le Libor dollar, selon Bloomberg.
Plus d'articles du même thème
-
La bonne tenue des actions européennes est suspendue au test des bénéfices
Les actions ont rebondi en Europe avec l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran et la forte baisse du pétrole. Certains n’y voient qu’un rattrapage désormais achevé, d’autres croient qu'une deuxième vague de hausse est possible si la conjoncture continue de s'améliorer. -
Les dettes AT1 pourraient devenir un sujet de compétitivité pour les banques
La Banque des règlements internationaux a exposé ses propositions pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). L’institution donne l’impression de vouloir imposer aux banques européennes de nouvelles règles complexes, pas toujours adaptées. -
Voyageurs du Monde va quitter la Bourse parisienne
Avantage, regroupant les fondateurs et les actionnaires institutionnels du voyagiste, lancera une OPA simplifiée, voire une offre publique de retrait, au prix de 180 euros par action. Une offre, avec une prime de 24% sur le dernier cours, qui valorise le groupe 807 millions d’euros. -
Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Le Comité d’alerte des finances publiques s’est conclu sur la décision de réaliser 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires, après les 6 milliards déjà mis en œuvre depuis avril, mais le déficit pourrait s’alourdir plus que prévu. -
L’Agence française anticorruption multiplie les actions dans le public et le privé
Les condamnations en matière d’atteinte à la probité ne cessent d’augmenter. Près d’une sur deux concerne les collectivités territoriales. L’Agence française anticorruption (AFA) a mené l’an dernier deux fois plus d’actions de sensibilisation à l’égard des acteurs publics. -
Tandis que Proxima lève 411 millions d'euros, la France se laisse distancer dans la fusion nucléaire
Valorisée 2,4 milliards d'euros, la start-up bavaroise attire Google et RWE à son capital lors d'un tour mené par XTX Ventures et East X Ventures. Ses rares homologues françaises, elles, peinent à dépasser quelques dizaines de millions.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Mauvaise piocheMarine Le Pen candidate : scénario noir pour les héritiers du macronisme
Edouard Philippe et Gabriel Attal ont vite réagi, le 7 juillet, pour contrer la candidate qui les menace le plus. Ils estiment Marine Le Pen plus difficile à battre que Jordan Bardella -
EditorialMarine Le Pen candidate : les juges et la politique, troisième round
C’est une leçon pour l’avenir : le pouvoir des juges doit s’arrêter là où la liberté démocratique est menacée -
Pari risquéEn Syrie, Macron cajole al-Charaa et mise sur la reconstruction
Malgré un double attentat à Damas mardi matin, le président français a maintenu le programme de sa visite en Syrie, aux accents économiques