Le Royaume-Uni compte sur la Banque d’Angleterre pour sauver son AAA
Le Royaume-Uni se fait menacer de sanctions une troisième fois. Après Fitch et Moody’s, c’est S&P qui a placé le AAA britannique sous perspective négative.
«Cette action, et l’éventuelle dégradation des notes du Royaume, ne devraient pas avoir d’effet significatif sur les spreads des obligations britanniques ou sur ceux des banques anglaises », estime cependant Aurel ETC Pollak. Le rendement des obligations à 10 ans ne progressait vendredi que de 2 pb à 1,88%, après avoir atteint 2,44% mi-mars puis reculé à un point bas de 1,435% début août. La livre sterling progressait même de 0,2% à la fois contre dollar, à 1,6138.
L’agence précise qu’elle reverra sa note à la baisse si, entre 2013 et 2015, la croissance du PIB par habitant est inférieure à ses prévisions de 1% par an (après une baisse de 0,8% en 2012), ce qui conduirait à un dérapage du déficit public à un niveau supérieur à 4,6% en 2015 et à un ratio d’endettement proche des 100% du PIB, contre 85% actuellement.
Lors de son «discours d’automne», le chancelier de l’Echiquier, George Osborne, avait lui-même révisé ses prévisions de croissance à la baisse, à 1,2% en 2013 (contre 2% en mars) et 2% en 2014 (contre 2,7%). Or, George Osborne a préféré décaler d’un an ses objectifs de déficit budgétaire, anticipé à 6,2% du PIB l’an prochain, plutôt que de prendre de nouvelles mesures d’austérité.
La décision de S&P qui menace Londres de lui faire subir le même sort que celui réservé aux Etats-Unis et à la France dans le cas «d’un affaiblissement des engagements de consolidation budgétaire», semble ainsi pénaliser le relâchement de la politique de réduction stricte de dépenses publiques qui fut la marque de fabrique du début du mandat du premier ministre David Cameron et qui avait conduit l’agence à retirer cette même perspective négative en 2010.
Dans ce contexte, c’est encore la BoE qui est appelée à la rescousse. George Osborne a ainsi signalé que le gouvernement envisage d’abandonner l’objectif d’inflation qui scelle actuellement le mandat de l’autorité monétaire britannique depuis vingt ans en faveur d’un objectif de croissance.
D’ailleurs, S&P compte sur la BoE pour «servir d’amortisseur pour le cas d’un accroissement de la volatilité sur les marchés de capitaux». Une orientation parallèle à celle prise par la Fed qui se fixe à présent un objectif clair concernant l’évolution du taux de chômage.
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